Mise au pas des ONG au Burundi : 84 inscrits se sont pliés à l’injonction de Bujumbura

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Finalement après l’expiration du délai de grâce, une partie des ONG a choisi de se conformer à la nouvelle loi burundaise. Au total, 84 organisations non-gouvernementales (ONG) étrangères se sont enregistrées au ministère de l’Intérieur en guise de respect de la nouvelle législation régissant les organismes internationaux depuis le 1er janvier 2019. Une victoire pour le régime de Pierre Nkurunziza qui met au pas les ONG.

Tharcisse Niyongabo a adopté la même rhétorique que les autorités burundaises depuis l’établissement de la nouvelle réglementation. Sur les ondes de la radio privée burundaise Radio Isanganiro, l’assistant du ministre burundais de l’Intérieur a encore rappelé que Bujumbura ne reculerait pas dans sa volonté de mettre au pas les ONG étrangères.

«Cette loi émane de notre Constitution, et nous ne pouvons rien changer en la matière. Toutefois, il appartient plutôt aux ONG étrangères de s’y conformer, ce qui signifie qu’une ONG incapable de s’y conformer, n’a plus de place sur le sol burundais», a martelé Tharcisse Niyongabo, l’assistant du ministre burundais de l’Intérieur, sur les ondes d’Isanganiro.

La loi en question, promulguée depuis janvier 2017, la loi en question impose à partir du 1er janvier 2019, un contrôle strict des états financiers des ONG et un strict respect des quotas ethniques dans leurs ressources humaines.

Depuis le 1er octobre 2018, Bujumbura a suspendu les activités des 130 ONG œuvrant dans le pays. Cette suspension de trois mois, qui prend fin le 1er janvier 2019, était mise à profit pour permettre aux organismes de se mettre à niveau en conformité avec la nouvelle loi. Avec l’entrée en vigueur de la loi, une partie des ONG a décidé de se plier à l’injonction de Bujumbura en se réinscrivant selon les nouvelles exigences légales.

Des exigences suivies pour sanctionner les récalcitrants

Au total, 84 organisations non gouvernementales étrangères ont émargé au bureau d’enregistrement du ministère de l’Intérieur pendant les trois mois de délais, selon les chiffres du ministère de tutelle. D’un autre côté, une quarantaine d’autres ONG ont choisi de ne pas respecter le nouveau protocole de Bujumbura. Elles devront quitter le pays, ce qui laisserait un vide dans la gestion de la crise humanitaire et parfois sociale que traverse ce pays d’Afrique de l’Est. « Les 84 ONG étrangères réenregistrées au cours du dernier trimestre sont vraiment en quantité suffisante pour le Burundi», finit par répliquer Tharcisse Niyongabo.

Fidèles à leur injonction, les autorités burundaises ne semblent pas être prêtes à assouplir cette législation. Selon leurs exigences, toute ONG qui veut opérer au Burundi doit fournir une convention de coopération, un protocole d’exécution du programme harmonisé avec les axes du Plan national de développement 2018-2027 du Burundi.

En plus de ces sommations, les ONG doivent aussi fournir un acte d’engagement du respect de la réglementation bancaire et du taux de change, ainsi que le plan de correction progressive des déséquilibres ethniques et de genre sur une période de trois ans. Des exigences qui seront passées à la loupe pour sanctionner les récalcitrants.

Source : La Tribune Afrique

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