Politique, justice, comment les femmes africaines ont pris le pouvoir en 2018…

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Peu à peu, elles conquièrent une place aux grands postes de décisions. Les femmes africaines s’installent de plus en plus sur les plus hauts sièges des présidences, des mairies, des prétoires… Que ce soit dans la justice, la politique ou encore les affaires, par nomination ou élection, l’année 2018 a consacré certaines femmes à des postes haut-placés. Du côté de celles pour qui elles constituent des modèles d’identification, la flamme du « women empowerment » est plus que jamais ravivée.

En descendant les marches de l’Executive Mansion, le palais présidentiel de Monrovia, Ellen Johnson n’a pas seulement transmis les clefs à George Weah. Au moment où le Continent désespérait presque de voir une femme se hisser au même niveau, l’ex-présidente libérienne « transférait » son titre de « seule femme chef d’Etat en Afrique » à l’Ethiopienne Sahle- Worke Zewde, élue neuf mois plus tard. Même si sa fonction est honorifique, c’est une consécration pour la femme africaine.

Si à la présidentielle de 2019, Joyce Banda, qui a déjà dirigé le Malawi entre 2012 et 2014, effectue un come-back victorieux, elle viendrait renforcer l’effectif des femmes chefs d’Etat en Afrique. En attendant, en 2018, les femmes ont pris les commandes de plusieurs hauts postes de responsabilités qui pourraient bien être des tremplins.

Jewel Howard Taylor, ex-première Dame et nouvelle vice-présidente

En même temps que George Weah, fraîchement élu président du Libéria, Jewel Howard Taylor jure de défendre et respecter la constitution : depuis ce 22 janvier 2018, elle est la vice-présidente du pays ouest-africain. La politique, Jewel Howard Taylor ne l’a pas embrassée en entrant au Château.

A 55 ans, cette banquière de formation, a eu le temps d’accumuler une expérience politique suffisante lorsqu’elle rafle en 2005, l’élection au siège de sénatrice du Comté de Bong (centre du pays) sous les couleurs du Parti national patriotique (NPP). Une légitimité élective qui vient compléter son observation attentive de la vie politique libérienne aux côtés de son mari, un certain…Charles Taylor.

Divorcé de l’ex-autocrate en 2006, l’ex-Première Dame s’est vu rappeler le passé. George Weah qui en a fait fi la prend comme colistière. Quand le verdict des urnes donne le CDC vainqueur des élections, elle est devenue la vice-présidente du pays. Un poste qui la prédestine à jouer un rôle plus affirmé au sommet de l’Etat

Jeunes ministres femmes dans les gouvernements

Malienne, Française et Américaine, spécialiste des processus électoraux et des questions africaines notamment du Sahel. IBK, le président malien a déterré la pépite d’or pour piloter la diplomatie malienne. A 35 ans, Kamissa Camara est devenue depuis le 9 septembre 2018, la ministre des Affaires étrangères du Mali.

Anciennement conseillère diplomatique du président malien, elle incarne la jeunesse au cœur d’une nouvelle équipe gouvernementale remaniée après la présidentielle 2018. Spécialiste des questions électorales, fondatrice du Sahel Strategy Forum sur les questions démocratiques, la trinationale est le symbole d’une « tête de jeune bien faite».

Au Zimbabwe, Kirsty Coventry est devenue la plus jeune ministre du Cabinet d’Emmerson Mnangagwa depuis le 10 septembre 2018. L’ancienne nageuse, médaillée d’or aux Jeux Olympiques 2004 puis à Pékin 2008, détentrice de plusieurs records nationaux, occupe le poste de ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et des Loisirs.

Leur jeune sœur cadette, Joy Kenewendo Bogolo peut se targuer d’être la plus jeune ministre du Continent. A peine 30 ans, la jeune économiste diplômée de Université de Sussex au Royaume-Uni, est devenue, depuis ce 4 avril 2018, la ministre de l’Investissement, du commerce et de l’industrie. Une habituée des records puisque deux années plus tôt, elle devenait la plus jeune députée au parlement du pays

La justice, l’autre ascenseur féminin en 2018

Sans gants de délicatesse, Nthomeng Majara, sa prédécesseure, a été poussée à la sortie sous le coup de huit accusations dont celui d’avoir bénéficié de prestations financières indues. Depuis le 11 septembre 2018, Maseforo Mahase a été désignée à sa place comme la nouvelle présidente de la Cour suprême. Ironie du sort, elle sera chargée d’instruire le procès de celle qui l’a précédée sur le fauteuil. En charge aussi de la réforme constitutionnelle réclamée par l’opposition dans le pays des montagnes.

Cette année, la justice a souvent propulsé des femmes au sommet de leur domaine. L’Ethiopienne Meaza Ashenafi en est un bel exemple. A 54 ans, elle est depuis le 1er novembre 2018, la première femme nommée à la tête de la Cour suprême fédérale. Militante du droit des femmes, la fondatrice de l’association éthiopienne des femmes juristes (EWLA) et de la banque Enat pour les femmes, est l’héroïne d’un film produit par Angelina Jolie sur son combat pour renforcer le pouvoir des femmes.

Mairies des capitales : les administrés préfèrent les femmes aux commandes

Un nouvel ascenseur pour faire monter les femmes en politique? L’année 2018 a aussi été l’année des « mairesses » dans les capitales des pays africains. Depuis le le 3 juillet 2018, Souad Abderrahim est devenue la première femme maire de Tunis. Se définissant comme « indépendante », elle intègre le parti conservateur Ennahda via lequel elle sera députée de Tunis avant d’en intégrer le bureau politique. La bataille des alliances pour faire accepter son élection a été dure mais elle a fini par la remporter.

Dans son sillage, Soham Wardini est devenue première femme maire à Dakar. A 65 ans, cette professeur d’anglais métisse de père libanais et d’une mère sénégalaise, avait déjà assuré l’intérim à la Mairie de la capitale sénégalaise en tant qu’adjointe au maire. Lorsque Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar est révoqué par décret, elle est élue haut la main. Si on ne lui connait aucune autre ambition politique déclarée, Soham Wardini s’inscrit dans la lignée de plusieurs autres femmes qui ont conquis les mairies.

A 57 ans, Yvonne Aki-Sawyer, une experte comptable, a dû ferrailler avec cinq hommes, pour arracher la Mairie de Freetown, devant la seconde femme à accéder au poste. Même exploit pou Rohey Malick Lowe, la femme d’affaires de 46 ans qui a conquis la Mairie de Banjul. Un exploit pour cette fille de Malick Lowe, ex-maire de la même ville entre 1981 et 1983.

L’Ethiopie consacre 2018 comme l’année du women emporwerment

Ahmed Abiy, le nouveau Premier ministre veut gouverner avec les femmes. Tout de suite après son élection, il met en place des mesures fortes notamment le refonte de l’équipe gouvernementale qui compte aujourd’hui le même nombre de ministres hommes que femmes. Aux frontières de la parité et du women empowerment, Abiy manœuvre pour porter Sahle-Worke Zewde à la tête de l’Etat éthiopien mais aussi Meaza Ashenafi à la tête de la Cour suprême fédérale d’Ethiopie. Pour compléter l’année de la femme dans le pays, Birtukan Mideksa, une ancienne juge et opposante politique, devenue la présidente de la commission électorale du pays. Elle y remplace une femme !

Source : La Tribune Afrique

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