RDC : Ebola fait reporter les élections à Beni

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La CENI congolaise a annoncé, de 26 décembre, le report du scrutin du 30 décembre dans deux zones du pays en raison de l’épidémie d’Ebola et de la dégradation de la situation sécuritaire. Alors que les pays de la sous-région se mobilise pour préparer l’échéance et anticiper les risques, l’incertitude continue toujours sur la régularité de ce très attendu scrutin qui cristallise l’actualité continentale.

Encore un nouveau report du scrutin mais cette fois partiel puisqu’il ne concerne que deux zones de la RDC. Danse un communiqué rendu public ce mercredi 26 décembre, la CENI a annoncé le report des scrutins présidentiel, législatifs et provinciaux dans les circonscriptions Beni, Yumbi et Butembo, des zones affectées par la persistance de l’épidémie d’Ebola et des conflits armés.

« Les élections directes dans les circonscriptions électorales de Beni, Beni ville et Butembo ville, en province du Nord-Kivu (dans l’est), ainsi que Yumbi, dans la province de Maï-Ndombe (dans le sud-ouest), initialement prévues le 30 décembre 2018, sont programmées au mois de mars 2019 et feront l’objet d’un calendrier spécifique », annoncé dans un communiqué, la CENI-RDC.

Selon le communiqué de la commission que préside Corneille Nangaa, ce report se justifie « par la persistance de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui continue à sévir dans les zones de Béni et Butembo », et pour le cas de Yumbi la persistance des attaques meurtrières de groupes armés comme l’attestent, les incidents survenus dans la nuit du 14 au 15 décembre. Les scrutins dans ces zones, ont été renvoyés pour le mois de mars 2019 et feront, selon la CENI, « l’objet d’un calendrier spécifique ».

Lire aussi : Elections reportées en RDC : nouveau glissement dans le calendrier électoral

Ce report qui a été évoqué à maintes reprises risque de provoquer encore le courroux des candidats de l’opposition. C’est le cas de Martin Fayulu, de la coalition Lamuka, qui se trouvait ce mercredi à Beni, et pour qui Ebola ne devrait pas servir de prétexte pour le report du scrutin dans cette circonscription.

Selon les premiers décomptes établis par des médias locaux, c’est un peu plus d’un million d’électeurs soit 3,2% du collège électoral, qui ne voteront donc pas le 30 décembre prochain, ce qui risque de pénaliser les candidats de l’opposition qui sont très populaires dans les zones concernées.

La sous-région se mobilise

Alors que les incertitudes continuent à planer sur le scrutin du 30 décembre, les dirigeants de la sous-région se mobilisent pour anticiper sur l’après scrutin et prévenir des risques de la dégradation de la situation politique et sécuritaire. Ce mercredi 26 décembre, se tient à Brazzaville au Congo voisin, un sommet extraordinaire chefs d’Etat de la Conférence de coordination pour le développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Autour du namibien Hage Geingob, président en exercice de la SADC et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, plusieurs chefs d’Etat vont préparer l’après Joseph Kabila. A Brazzaville, les chefs d’Etat Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud, Edgar Lungu de la Zambie, Mokgweetsi Masisi du Botswana, ainsi que João Lourenço de l’Angola, vont échanger sur les voies et moyens d’éviter à la RDC une crise post-électorale dont les conséquences se répercuteront sur l’ensemble de la sous-région et au-delà.

Le président rwandais, Paul Kagamé, tout comme celui de l’Ouganda, Yoweri Museveni, n’assisteront pas toutefois au conclave, bien que les deux pays seront représentés au sommet de Brazzaville. En revanche, Kinshasa risque de ne pas honorez le rendez-vous et se contenter d’une représentation à minima, un autre signe des risques d’incertitudes et d’instabilité, à quelques jours du jour J.

Source : La Tribune Afrique

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