Elections reportées en RDC : nouveau glissement dans le calendrier électoral

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Ce 23 décembre 2018, les bulletins ne vont pas être glissés dans les urnes. Évoquant un retard dans l’acheminement du matériel dans les bureaux, la Commission électorale nationale indépendante(Ceni) a décidé de reporter la tenue de élections présidentielle, législatives et provinciales ce dimanche. Les 40 millions d’électeurs devront encore patienter pour savoir la nouvelle date que certains fixent au 6 janvier 2019.

Un report d’une à deux semaines ! Au lieu de se tenir le 23 décembre, comme prévu par son calendrier, la Ceni a décidé de reporter les élections. A trois jours de la tenue du scrutin, Corneille Naanga, le président de la Commission électorale nationale indépendante(Ceni) a annoncé aux 21 candidats à la présidentielle que son institution ne sera pas en mesure de tenir les élections présidentielle, législatives et provinciales à la date du 23 décembre 2018 initialement prévue et retenue.

Ebola, retard du matériel, incendie de l’entrepôt, les raisons d’un report

L’information circulait déjà dans les cercles et sur les réseaux sociaux depuis que Corneille Naanga a fait convoquer peu avant midi, les candidats ou leur représentant au Bureau de la Ceni à Kinshasa pour une annonce importante. A la sortie de cette convocation impromptue, plusieurs candidats ont fait savoir que le président de la Ceni a confirmé son « incapacité technique » à organiser le scrutin dans les délais. Pour justifier le report, la Ceni évoque la propagation de l’épidémie d’Ebola, l’impression des 3,5 millions de bulletins restants et l’incendie à Kinshasa d’un de ses entrepôts.

Dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 décembre 2018, le matériel électoral, destiné à 19 des 24 communes de la ville de Kinshasa, est parti en fumée dans l’incendie d’un des entrepôts de la Ceni. Cet autodafé d’origine criminelle selon les autorités avait fait perdre 8000 machines à voter. Mais la Ceni avait fait savoir que du matériel de remplacement était prévue dans la commande de matériel de vote électronique faite à l’entreprise sud-coréenne Miru Systems.

L’incapacité technique réside peut-être aussi dans le retard accusé dans l’acheminent des bulletins de vote en RDC. La Ceni avait elle-même fait savoir que le dernier avion en provenance de Corée du Sud pour transporter le reste des 3,5 millions de bulletins, devait se poser ce samedi 22 décembre, sur le sol congolais. Mais la troisième raison est peut-être moins discutable.

Depuis mai 2016, la RDC fait face à l’apparition d’Ebola, plusieurs fois annoncée comme vaincue mais qui connait une propagation rapide. A ce jour, 501 cas d’Ebola ont été confirmées par les autorités sanitaires dont 278 décès. Les plans de riposte se multiplient pour que la maladie n’atteigne pas les grandes villes. Un argument auquel s’accroche la Ceni pour évoquer les risques d’infection via les opérations de vote.

Nouveau glissement ?

A Kinshasa, l’annonce de ce report est d’autant mal reçue que la Ceni n’a annoncé aucune nouvelle date. Plusieurs sources évoquent un décalage d’une semaine à deux semaines. Vraisemblablement selon d’autres sources, la Ceni devrait manœuvrer pour que les élections soient tenues après les fêtes de fin d’année. La date du 6 janvier 2019, soit un report de 14 jours par rapport à la date initiale est le plus souvent évoquée par plusieurs sources contactées par La Tribune Afrique.

L’annonce du report a quand même déclenché un mouvement de protestation des étudiants à l’Université de Kinshasa. D’autres ont sorti les calculettes: les élections devaient être organisées depuis 730 jours. Mais Il faudra ajouter 7 à 14 jours dans le « glissement », cette prolongation du mandat de Joseph Kabila expiré depuis le 19 décembre 2016. D’abord prévues en 2016, le premier report des élections avait donné lieu à des manifestations violemment réprimées par les forces de sécurité. L’Accord de la Saint-Sylvestre, arraché au terme de négociations sous l’égide de la Cenco, devait permettre d’arriver à cette date du 23 décembre.

Observateurs et financements internationaux écartés du processus, Kinshasa tenait vaille que vaille à organiser les premières élections sans Kabila dont les autorités juraient la main sur le cœur, qu’elles auraient lieu à date échue. Avec ce nouveau report, il faut désormais se résoudre à voir le glissement se prolonger, contre l’alternance !

Source : La Tribune Afrique

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