Face à  la crise en Centrafrique, l’ONU dans le déni

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Commençons par quelques éléments de contexte : la République centrafricaine (RCA) connaît, depuis décembre 2012, le conflit le plus important de son histoire – par son intensité, sa durée, son extension territoriale. Des milices dites « séléka » (provenant du nord du pays, mais aussi du Tchad, du Soudan, et de populations peules) ont pris le pouvoir à  Bangui, en mars 2013. Face aux exactions de ces milices, des groupes dites « antibalaka » ont émergé et s’en sont pris, à  partir de la fin 2013, aux séléka. Les séléka étant musulmans, les antibalaka non, le conflit a pris une tournure interconfessionnelle : chrétiens contre musulmans.

Mais la réalité est bien moins binaire. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 18 groupes politico-militaires – tantôt issus de l’ex-séléka, tantôt se proclamant antibalaka, tantôt autonomes vis-à -vis de ces deux mouvances – qui se disputent le contrôle du territoire centrafricain et de ses richesses (pour l’essentiel : diamant, or, bétail).

Le pouvoir centrafricain, issu en février 2016 d’élections dites « libres » (ce qui est évidemment faux dans un pays en très large partie contrôlé par des milices), est sous la tutelle – financière et militaire – des Nations unies. Si l’arrivée récente dans le pays des Russes semble bousculer un peu cette donne, l’essentiel des espoirs de pacification et de relèvement du pays repose encore, en cette fin 2018, sur le système des Nations unies, militaire comme civil.

Source : ABangui

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