Cameroun : grâce présidentielle pour le « président autoproclamé » de l’Ambazonie ?

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Une suite de l’ordonnance d’arrêt des poursuites judiciaires contre 289 détenus de la crise anglophone prise par Paul Biya. Quelque 210 séparatistes anglophones ont été libérés avant que ne s’ouvre leur procès devant le tribunal militaire de Yaoundé. Une clémence présidentielle en guise de geste d’apaisement mais qui ne touche pas l’autoproclamé « président » de l’Ambazonie.

Leur cas va-t-il être désormais tranché devant la justice civile ? Avec un décret pris ce 13 décembre, Paul Biya a décidé de stopper net leur procès devant le tribunal militaire de Yaoundé en ordonnant l’arrêt des poursuites contre 289 détenus.

Depuis l’audience spéciale en application de l’ordonnance présidentielle, les libérations se multiplient. Elles ont touché 110 militants séparatistes anglophones. Un cadeau de Noël anticipé qui est interprété comme, du moins un geste d’apaisement, sinon une main tendue du pouvoir en place en direction des dans les régions Sud-Ouest ou Nord-Ouest, en proie depuis deux ans à une crise sécessionniste de grande ampleur.

Cependant cette « grâce » qui ne dit pas son nom n’a pas bénéficié à des leaders du mouvement notamment Sisiku Julius Ayuk Tabe, le leader du Southern Cameroon National Congress (SCNC), la branche radicale du Liberation Movement of Southern Cameroon (LMSC) qui l’a autoproclamé « président » de l’Ambazonie.

Cadeau de la nouvelle année

Arrêté en janvier 2017 au Nigéria avec 46 de ses « ministres », l’homme avait été extradé au Cameroun puis écroué à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Plusieurs fois reporté, son procès devant le Tribunal de grande instance de Yaoundé court toujours devant la justice camerounaise qui a refusé toutes leurs demandes de remise en liberté provisoire ou définitive.

A la sortie de l’audience spéciale, certains séparatistes estiment pourtant que sa libération pourrait peut-être permettre dénouer la crise qui secoue les deux régions anglophones du Cameroun. « Il faut qu’on les libère tous et discuter avec ceux qui ont des opinions différentes. Comme Ayuk Tabe, il a ses opinions, on peut mettre un comité restreint pour aller discuter pour savoir quel est le problème exactement », demande Maximilienne Ngo Mbe, la directrice exécutive du réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale. Mais pour l’heure, le leader séparatiste reste en prison.

A Yaoundé comme à Bamenda chef-lieu du Nord-Ouest et à Buéa dans le Sud-Ouest, les spéculations vont bon train. On se surprend à penser à une grâce présidentielle en direction des leaders séparatistes en guise de cadeau lors du discours de fin d’année de Paul Biya. Un geste pour la nouvelle année qui ouvrirait la voie à un dialogue qui pourrait être l’élément qui dénouerait le nœud de cette crise qui a fait plusieurs victimes. Du côté de l’armée comme des civils.

Source : La Tribune Afrique

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