Sanctions de l’UE : une tache sur la veste de Shadary en pleine campagne

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«Chantage !», s’insurgent les autorités congolaises. Contre les mesures de l’Union européenne (UE) qui a décidé de prolonger les sanctions contre des responsables congolais, Kinshasa a adopté la posture de l’indignation. Au centre de cette réaction presque épidermique, Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Joseph Kabila, dont la campagne électorale pourrait être parasitée par ces mesures. En guise de riposte, Kinshasa n’exclut pas de prendre des mesures de rétorsion.

Les pressions de Kinshasa n’y ont rien changé. Le Conseil de l’Union européenne (UE) a décidé de prolonger ses sanctions jusqu’au 12 décembre 2019 contre 14 responsables congolais dont Emmanuel Ramazani Shadary pour leur rôle présumé dans la répression des manifestations contre le régime entre janvier et février 2017.

En pleine campagne, une tache sur la veste de Shadary

Jusqu’à la publication de la décision de l’UE, Kinshasa, qui conteste le fondement légal de ces sanctions, a plaidé pour une suspension partielle ou totale de celles-ci. Justifiée au nom de l’égalité entre les 21 candidats à la présidentielle du 23 décembre 2018, la requête des autorités congolaises demandait la levée des sanctions visant Emmanuel Ramazani Shadary, alors vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur au moment des sanctions se résumant en gel des avoirs et interdiction de voyage dans les pays de l’UE.

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A une dizaine de jours du vote, le porte-étendard du Front commun pour le Congo (FCC), la mouvance présidentielle, essuie donc un revers à l’international qui vient tacher sa veste de prétendant à la succession de son mentor, Joseph Kabila. Une sanction qui pourrait peser sur le vote de la diaspora congolaise en défaveur du parti au pouvoir. En même temps, l’opposition a dû recevoir cette prolongation de sanctions comme du pain béni qu’elle peut utiliser comme arme de fin de campagne. Le dauphin de Kabila traverse donc une épreuve de feu.

« Dans sa décision, compte tenu des élections à venir, le Conseil réaffirme l’importance de la tenue d’élections crédibles et ouvertes à tous dans le respect de l’aspiration du peuple congolais à élire ses représentants. Le Conseil réexaminera à nouveau les mesures restrictives compte tenu des élections en RDC et se tient prêt à les adapter en conséquence», précise le Conseil dans un communiqué publié sur son site. La réaction du gouvernement ne s’est pas faite attendre

Chantage, vraiment?

« Ils étaient à la recherche des moyens les plus efficaces pour nous faire le plus de tort au processus électoral notamment comment porter préjudice à notre candidat Shadary», a réagi au micro de nos confrères de RFI Alain-André Atundu, porte-parole de la majorité présidentielle. « C’est du chantage ! Nous ne pouvons pas négocier la souveraineté de nos élections en fonction d’un avantage qu’on pourrait attendre de quelque organisation que ce soit ».

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« Chantage !», les autorités grossissent peut-être le trait. Mais à y voir de plus près, leur thèse n’est pas aussi farfelue. Intervenue après que les observateurs européens ont été déclarés non-grata pour le suivi du scrutin du 23 décembre, la prolongation des sanctions porte en elle-même les ressorts d’une vengeance diplomatique de l’UE. La conditionnalité d’une adaptabilité du régime des sanctions en fonction du déroulement du scrutin fait passer pour « pression » ce que l’UE a voulu faire passer comme son « signe de bonne volonté ».

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L’affaire pourrait ne pas s’arrêter là. Quelques semaines avant cette décision de l’UE, le gouvernement congolais avait indiqué qu’il se verrait obligé de prendre des mesures de riposte envers l’UE. Une source avait confié à La Tribune Afrique qu’elles pourraient être similaires à celles prises contre la Belgique. Toute la question est de savoir à quel moment Kinshasa dévoilera son éventail de contre-sanctions envers l’organisation européenne.

Source : La Tribune Afrique

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