Aérien : Congo Airways se rêve en compagnie panafricaine

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Dans l’aérien africain, certaines compagnies ont réussi avec le temps à complètement se démarquer du lot, au point d’afficher désormais une renommée mondiale. C’est le cas de South African Airways, Ethiopia Airlines, Kenya Airways, Egypt Air, ou encore Royal Air Maroc. Une autre compagnie tente de se frayer un chemin vers la cour des grands : Congo Airways.

L’adage ne dit-il pas que «petit à petit, l’oiseau fait son nid» ? En tout cas, ce dernier s’applique bien aujourd’hui au mindset de Congo Airways. La compagnie aérienne nationale de la République démocratique du Congo a inauguré cette semaine sa deuxième ligne internationale reliant Kinshasa, Douala (Cameroun) et Cotonou (Bénin), après celle de Kinshasa-Johannesburg (Afrique du Sud) en mai dernier.

Pour 2019, Abidjan (Côte d’Ivoire), Bujumbura (Burundi), Nairobi (Kenya) et Dar Es-Salam (Tanzanie) à partir du premier trimestre, selon les déclarations de Désiré Balazire (photo), le PDG, dans une interview accordée à Radio Okapi. Et d’après la même source, d’autres lignes à travers le Continent seraient déjà à l’étude.

Désiré Balaziré, Congo Airways

Réalités

C’est donc dire l’ambition de Congo Airways -qui ne le déclare point ainsi- mais qui affiche nettement une volonté de devenir une compagnie aérienne panafricaine. Cependant, le pavillon national doit encore composer avec une flotte peu fournie de seulement quatre avions. Le besoin est d’autant plus important que non seulement Congo Airways opère déjà 14 dessertes nationales à l’intérieur de la RDC, mais son expansion internationale nécessite pour être efficace et régulière une forte mobilisation en investissement, en ressources humaines et en logistique.

Actuellement les compagnies les plus en vue du Continent travaillent avec des flottes assez importantes. Ethiopian Airlines détient 107 avions, Egyptair en a 63, Royal Air Maroc en détient 57 dont 1 avion cargo, tandis que South African Airways mène son activité avec une flotte de 47 avions, pour ne citer que celles-là.

Il s’agit certes de compagnies existantes depuis plusieurs décennies, mais c’est dire le bout de chemin qu’a encore à parcourir la compagnie congolaise, fondée en août 2014 avec le lancement effectif de ses activités en 2015. Et contrairement aux majors du secteur dans la région, Congo Airways n’a toujours pas accès au ciel européen, pour cause de non-conformité aux normes européennes.

Une certification européenne en cours de validation

D’ailleurs, son patron reconnaît bien cette carence en équipement qui compromettrait l’atteinte de tous ces objectifs et même le bon déroulement de l’activité de la compagnie, indiquant que son staff travaille à y remédier rapidement.

«Nous travaillons avec les loueurs. Un avion arrive le weekend [celui du 8 au 9 décembre, NDLR] pour une courte durée, mais nous devons travailler pour avoir un avion qui va rester longtemps dans la compagnie. Nous travaillons aussi sur le volet cargo», a déclaré Balazire.

D’après lui, la compagnie serait également en train de préparer son dossier de demande d’une certification auprès des instances européennes pour lever le plafond de verre qui s’impose encore à elle.

En dépit de ces réalités, l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) qui a récemment tenu son assemblée générale annuelle à Rabat, au Maroc, apprécie les efforts de Congo Airways au niveau local et régional et l’a sacrée «compagnie aérienne de l’année» dans la catégorie «Progrès». Son patron, Désiré Balazire, s’est quant à lui vu attribuer, pour un mandat de 3 ans, la responsabilité de la région ouest et centre au sein du Comité exécutif de l’AFRAA. Une région où, soulignons-le, les compagnies aériennes nationales peinent encore à émerger en véritables références.

Source : La Tribune Afrique

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