Centrafrique : La communauté Sant Egidio invite les députés dans l’initiative africaine

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Un atelier de deux jours sur l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine réunissant les parlementaires et le panel des facilitateurs de l’Union africaine s’est tenu du 9 au 10 novembre 2018, au Restaurant Relais de chasse à¡ Bangui. Initiative de la Communauté Sant Egidio consistant à¡ impliquer les élus de la nation dans le processus de paix engagé depuis près d’un an par l’Union africaine.

Un peu plus d’un an après le lancement des travaux de facilitation de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, les députés centrafricains sont sollicités, à¡ leur tour, par la Communauté Sant Egidio à¡ s’impliquer dans le processus. La raison fondamentale de la sollicitude des élus de la nation réside principalement dans leur rôle de représentants du peuple – ce peuple qui a son mot à¡ dire dans toutes grandes décisions engageant sa destinée.

‘’’Brève historique et différents accords de paix », ‘’’gestion pacifique des conflits », ‘’’Initiative africaine », ‘’’ le rôle du député dans la consolidation de la paix », telles sont les grandes thématiques autours desquelles les Experts de Sant Egidio, de l’Union africaine ont échangé, 48 heures durant avec les députés centrafricains.

Dès l’ouverture de l’atelier, M. Christophe Ndouba, Représentant de la Communauté Sant Egidio et donc initiateur de ladite rencontre a retracé le contexte des assises : ‘’’La résolution de la crise centrafricaine a été confiée, à  la demande des autorités de notre pays, à¡ l’Union africaine qui a pris sur elle de mettre en place une feuille de route confiée à¡ l’Initiative africaine. Sachant que les députés représentent le peuple centrafricain, il faut donc nécessairement les impliquer dans le processus de résolution du conflit de notre pays. C’est ce qui explique l’organisation de cet atelier par Sant Egidio », a-t-il souligné.

Rappelons, sur les traces M. Nicolas Nzoyoum, Ambassadeur du Cameroun qui a représenté le panel de l’Union africaine, que l’origine de la crise actuelle en Centrafrique a datée de plus d’une décennie et les racines du conflit sont encore plus profondes et plus éloignées. En effet, le pays depuis 2013, a vécu une situation d’extrême insécurité et d’instabilité politique, économique et sociale, en raison notamment de la présence de nombreux groupes armes sur son sol. C’est dans ce contexte qu’est née, en 2017, à  la demande du Président Touadera l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine dont la Feuille de route a été signée à  Libreville, le 17 juillet 2017.

‘’’Son action est pleinement aujourd’hui soutenue par l’ensemble de la communauté internationale qui considère que l’Initiative africaine constitue actuellement le seul cadre de facilitation de la sortie de crise », s’est réjoui le Représentant du Panel des facilitateurs de l’UA qui relève plus loin que ‘’’jusqu’à  nos jours, de nombreux défis ont été déployés visant à  approfondir la connaissance des revendications des groupes armes. Mais, il reste beaucoup à  faire. Aujourd’hui, la communauté Sant Egidio un membre du Secrétariat technique de l’Initiative africaine est pleinement impliqué dans les préparations du dialogue avenir ».

Toutefois, à¡ en croire Nicolas Nzoyoum, si les efforts du panel pour la facilitation de l’initiative africaine sont soutenus, si les Centrafricaines et Centrafricains prennent conscience de nombreux avantages de la paix, alors la confiance entre le gouvernement et les groupes armés va s’établir plus facilement pour la recherche d’une paix durable. Le diplomate a terminé par un appel de pied aux élus de la nation centrafricains de prendre la juste mesure de leurs responsabilité dans les efforts de reconstruction à¡ travers la restauration de la paix, la cohésion sociale et la réconciliation. ‘’’C’est ainsi que les députés en tant qu’élus de la nation, ont un grand rôle à¡ jouer dans ces efforts de résolution de la crise », a lancé le diplomate camerounais.

La déclaration solennelle faite par le Directeur de cabinet de l’Assemblée nationale, Laurent Gomina Pampali témoigne déjà  du degré d’appropriation et de la pleine adhésion des députés à¡ l’initiative africaine pour la sortie de crise durable au pays de Zo Kwé Zo. ‘’’L’atelier qui nous réunit revêt une grande importance, car notre pays connait depuis quelques décennies une crise à  la fois politique, sociale, culturelle mais surtout sécuritaire », a souligné ce haut Cadre du parlement qui va gravement faire remarquer qu’ ‘’’au moment où nous sommes réunis ici, une partie de nos populations sont en brousse ne sachant pas ce qu’elle va manger, etc. c’est pour cela que j’ai estime qu’en réunissant une partie des députés autour de l’Initiative africaine, vous voulez une fois de plus apporter des éléments de chance pour que ce pays puisse un jour sortir dans une situation où les crépitements d’armes deviendront un souvenir lointain ».

L’optimisme affirmé par Pampali est de nature à¡ confirmer la vision des partenaires, notamment de l’Union africaine et, à¡ travers cette institution régionale, l’ensemble de la communauté internationale, qui estime que l’initiative africaine reste la voie incontestée pour une sortie véritable de crise en Centrafrique.

Notons qu’en parallèle à¡ l’initiative africaine, les partenaires de la Fédération de la Russie ont initié une rencontre réunissant les principaux groupes armés à¡ Khartoum, fin aoà»t dernier – rencontre assortie d’une Déclaration d’entente. L’on apprend que le second round de cette rencontre est prévu pour le 15 novembre prochain, toujours à¡ Khartoum. Il s’agit selon des sources proches de la Russie d’une démarche complémentaire à¡ l’initiative africaine.

Tout compte fait, le Centrafricain compte encore la communauté internationale et les partenaires de le sortir des griffes des groupes armés qui ne jurent que pour son malheur et sa mort. Les derniers événements malheureux de Batangafo et Bambari en disent long.

Source : ABangui

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