En plein litige avec DP World, Djibouti bondit de 44 places dans l’Indice de la performance logistique

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L’Indice de Performance Logistique (LPI) de 2018 de la Banque mondiale révèle que Djibouti a gagné 44 places en seulement deux ans dans le classement global qui évalue les performances logistiques des pays. Cette bonne réalisation du pays est l’une des conséquences de l’établissement de la Zone franche internationale de Djibouti incluant le port de Doraleh, objet d’un litige entre les autorités de Djibouti et la compagnie Dubaï Port World (DPW).

Dans le classement 2018 de la Banque mondiale sur la performance logistique, Djibouti a réussi une véritable percée. Les investissements récents de ce pays de la Corne de l’Afrique dans les infrastructures ont relevé ses indicateurs, qui ont connu un bond en avant considérable dans ce classement biennal sur la logistique. Dans le rapport, six critères sont évalués et Djibouti a amélioré son classement dans cinq d’entre eux. Les progrès les plus remarquables ont été constatés dans l’évaluation de la qualité de l’infrastructure pour le commerce et les transports. En l’espace de deux ans, le pays a bondi de 50 places atteignant la 60ème place du classement. Dans le domaine logistique, au niveau africain, Djibouti se classe 9ème et 5ème parmi les pays du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

Doraleh : Terminal en litige et facteur performance

Ce rapport arrive tout juste un an après l’ouverture de trois ports majeurs, faisant partie des plus modernes du continent et de la première ligne de chemin de fer électrifiée transnationale du continent ; le Port multifonctions de Doraleh peut accueillir des navires allant jusqu’à 100 000 TPL, et au cours du premier semestre 2018 il a géré plus de 24 000 EVP.

Aussi, l’ouverture de la ligne de chemin de fer électrifiée entre Djibouti et Addis-Abeba a réduit le temps de transport des marchandises de trois jours à douze heures par train. Cette bonne performance logistique du pays est aussi un signal positif pour les nouveaux investisseurs de la Zone franche internationale de Djibouti, qui a été récemment inaugurée et qui fait toujours l’objet d’un litige entre les autorités de Djibouti et Dubaï Port World (DPW).

L’opérateur de Dubaï a porté l’affaire devant la cours arbitrale de Londres qui vient de se prononcer en sa faveur. En effet, selon le gouvernement de Dubaï, la Cour d’arbitrage international de Londres a confirmé le 31 juillet 2018 que le contrat de concession du terminal à conteneurs de Doraleh de DP World «demeure juridiquement valide et en vigueur».

Djibouti conteste le verdict de la cours arbitrale

De son côté, Djibouti estime que cette résiliation, rendue inévitable est conforme au droit international. Celui-ci reconnaît la capacité d’un État souverain à résilier unilatéralement un contrat pour motif d’intérêt général, à charge pour ce dernier de verser à son cocontractant une juste indemnisation. Cette résiliation s’inscrit également dans le cadre d’une procédure transparente. Elle trouve sa base légale dans une loi visant à protéger les intérêts fondamentaux de la Nation, votée par le Parlement djiboutien le 8 novembre 2017 et complétée par un décret daté du 22 février 2018.

« La République de Djibouti n’accepte pas cette sentence qui consiste à qualifier d’illégale la loi d’un État souverain. De fait, la sentence semble considérer que les stipulations du contrat de concession conclu entre le Port de Djibouti et DCT sont au-dessus de la loi djiboutienne. Elle ne fait aucun cas de la souveraineté de la République de Djibouti et ne tient pas plus compte des règles du droit international », déclarent les autorités de Djibouti dans un communiqué transmis à La Tribune Afrique.

 

Source : La Tribune Afrique

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