RDC : à 5 mois de la présidentielle, Joseph Kabila nomme Numbi à la tête de l’armée

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Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila a nommé ce samedi, le général John Numbi à la tête de l’armée du pays. Celui-ci sera aidé par Gabriel Amisi, nommé chef d’état-major adjoint. La nomination des deux hommes, figures décriées à Kinshasa et sous le coup de sanctions internationales pour des violations des droits humains, suscite l’appréhension alors que les élections sont programmées pour le 23 décembre prochain.

Joseph Kabila perd de plus en plus crédit aux yeux de la Communauté internationale par ses décisions. Un communiqué rendu public sur la chaîne de télévision nationale ce samedi 14 juillet, nous informe que le général John Numbi est nommé à la tête des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) par le chef de l’Etat congolais. Dans ses fonctions, le nouveau patron des FARDC sera assisté de Gabriel Amisi qui est promu chef d’état-major adjoint de l’armée. Décisions pour le moins, curieuses de la part du président Kabila, elles viennent confirmer le bras de fer qui l’oppose à la Communauté internationale depuis quelques temps.

En effet, les deux haut-responsables militaires sont des figures très controversées au pays et également sous le coup de sanctions internationales (particulièrement des Etats-Unis, de l’Union européennes et de la Suisse). John Numbi est accusé d’avoir commandité la répression de plusieurs marches de l’opposition alors qu’il était encore le chef de la police, entre 2007 et 2010. On lui reproche également les assassinats de l’activiste des droits humains et président de l’Organisation non gouvernementale (ONG), La Voix des sans Voix (VSV), Floribert Chebeya et de son chauffeur, Fidèle Bazana, tués le 02 juin 2010 après leur réception par la direction générale de la police. Quant à Gabriel Amisi, il est sous sanctions pour abus et pour vente d’armes aux groupes rebelles responsables du massacre des civils dans l’Est du pays.

Peur sur Kinshasa

Malgré les sanctions qui pèsent sur eux, Joseph Kabila ne s’est jamais éloigné de John Numbi et Gabriel Amisi. En 2017, le nouveau chef des FARDC avait même été élevé par le président congolais au rang de «Grand officier» de l’ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba en reconnaissance à ses «mérites et services loyaux rendus à la nation» au sein de la Police nationale congolaise. «Insulte aux victimes», avait protesté Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Aujourd’hui la nomination de ce duo, à cinq mois des élections présidentielles, suscite les appréhensions. S’il n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature, Joseph Kabila qui a déjà épuisé ses deux mandats autorisés par la constitution du pays, sera peut-être candidat. Et les ONG craignent qu’il ne prépare une répression sanglante des manifestants qui voudront protester contre cette éventualité.

«C’est un mauvais signal dans le contexte socio-politique actuel parce que comme vous le savez, Kinshasa, c’est une ville qui bouillonne, cette ville qui est très exigeante vis-à-vis des autorités en matière de respect des droits humains», a estimé Rostin Manketa, à la tête de la VSV, au micro de RFI. Les craintes sont réelles et partagées. «J’ai peur parce qu’il va utiliser ses moyens, là, des armes pour assassiner la population congolaise encore, pour assassiner les opposants, assassiner les défenseurs des droits humains, assassiner tous les gens qui vont se lever pour dire non. John Numbi, sa place est dans la prison», s’est exprimé Annie Chebeya, la veuve de Floribert Chebeya très convaincue de la culpabilité du général.

 

Source : La Tribune Afrique

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