Début de la campagne pour le référendum constitutionnel du 17 mai au Burundi

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Seule la campagne pour le « oui » ou le « non » (« Ego » et « Oya » en kirundi) est autorisée: le décret présidentiel publié il a une semaine prévoit en effet une peine de « un à trois ans de prison » pour quiconque tentera de convaincre les électeurs de « s’abstenir de voter ». Le vote n’est pourtant pas obligatoire au Burundi.

Au total, 26 partis politiques, en très grande partie proches du parti au pouvoir CNDD-FDD, et la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (« Espoir des Burundais ») ont été autorisés à faire campagne, selon une liste récemment publiée par la Commission électorale (Ceni).

L’opposition en exil, regroupée au sein de la coalition Cnared, a appelé la population à « boycotter » un referendum qui va selon elle signer « l’arrêt de mort » de l’Accord de paix d’Arusha de 2000.

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Cet accord, qui structure la vie politique au Burundi depuis sa signature, avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006) ayant fait plus de 300.000 morts.

Les quelque partis d’opposition encore présents dans le pays ont appelé à voter « non », disant craindre les « représailles » du pouvoir en cas de boycott du scrutin.

Le parti d’opposition Rassemblement national pour le changement(RANAC) s’est dit « inquiet car le gouvernement ne nous a pas encore communiqué officiellement le projet de Constitution révisée pour qu’on puisse l’étudier, pour qu’on sache avec certitude quel est le texte qui sera soumis à l’approbation ou à la désapprobation », a dénoncé à l’AFP son porte-parole, George Nikiza.

Même la coalition Amizero y’Abarundi, conduite par le leader des ex-rebelles hutu des FNL Agathon Rwasa et représentée par cinq membres au gouvernement, assure de pas avoir connaissance du texte définitif.

Un de ses hauts cadres a assuré à l’AFP que « même lorsqu’il a fallu discuter de la révision constitutionnelle au Conseil des ministres, le texte a été distribué aux ministres puis leur a été retiré juste après (…) On risque d’aller au référendum sans connaître officiellement ce qui va changer », s’est-il inquiété, sous couvert d’anonymat.

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L’annonce en avril 2015 de la candidature controversée de M. Nkurunziza à un troisième mandat a plongé Burundi dans une crise politique qui a fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, et sur laquelle la Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

Le projet de révision constitutionnelle, qui permettrait au président Nkurunziza – 54 ans et au pouvoir depuis 2005 – de briguer à partir de 2020 deux mandats de sept ans, a été critiqué par la communauté internationale, notamment l’Union africaine.

Avec AFP

 

Source : VOA Afrique

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