Centrafrique/malabogate / barc  : quand le «systeme sani yalo» menace le regime de «son ami» touadera…

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Une enquête sur base d’un rapport transmis par les autorités Equato-Guinéennes.

Un rapport d’enquête des autorités judiciaires Equato-Guinéennes a été transmis courant Avril aux autorités centrafricaines sommées par Malabo de saisir la justice centrafricaine dans le dossier du coup d’Etat déjoué en décembre 2017. C’est ainsi que le procureur général auprès la Cour de Cassation Léon DINCPI été missionné pour mener différentes auditions sur base du rapport transmis dans le cadre d’une commission spéciale d’enquête. Cette enquête avance malgré les pressions exercées par le ministre de la Justice centrafricain Flavien MBATA pour protéger les protagonistes les plus importants de cette affaire.

Deux suspects arrêtés.

Si à Bangui, les personnes impliquées dans cette affaire était bien connus et identifiés (lire : http://www.corbeaunews.ca/18834-2/), le dossier connaît ces derniers jours des rebondissements inattendus.

Deux suspects ont récemment été arrêtés dans ce dossier. C’est ainsi que Feissal MANDJO (petit frère du Ministre de l’élevage Yérima MANDJO) a dernièrement été appréhendé. Feissal MANDJO avait pris en Décembre le même vol Paris-Douala et séjourné dans le même hôtel à Douala qu’Ahmed « Dada » YALO avant que celui-ci ne soit arrêté suite à la tentative de coup d’Etat avortée. Feissal MANDJO qui se sent lâché par ses complices serait déjà passé aux aveux et menacerait de divulguer à la presse les détails, noms et rôles précis des personnes impliquées dans ce dossier.

Transfert d’argent suspect sur les comptes bancaires du BARC.

La justice centrafricaine enquête par ailleurs à la demande de Malabo sur un transfert d’argent suspect effectué depuis un compte en France vers le compte du BARC, le Bureau d’affaitement Routier Centrafricain (BARC), dont le président du Conseil d’administration n’est autre que Sani YALO. L’enquête suspecte Sani YALO d’avoir utilisé les comptes du BARC pour engager des dépenses ayant servi à rémunérer les éléments centrafricains à ce putsch manqué…

Licenciement du comptable du BARC en pleine enquête !

Dans ce contexte, Sani YALO a relevé de ses fonctions Mr Igor Rufin BANGUERE, Responsable financier et comptable du BARC le lundi 23 Avril alors que celui-ci venait de répondre aux questions de la Commission spéciale d’enquête pour répondre aux enquêteurs. Igor Rufin BANGUERE, a été accusé par sa hiérarchie au BARC d’avoir remis dans le cadre de cette enquête des documents à la commission d’enquête et d’avoir dévoilé le système mis en place par Sani YALO pour contrôler le BARC et ses juteuses finances dans la plus totale opacité…

Le « système Sani YALO » en place au BARC.

Igor Rufin BANGUERE a dévoilé l’organisation suivante à la Commission d’Enquête :

1) il a nommé son frère Ousmane YALO, comptable au BARC de Douala;

2) sa parente Awa KILE a été nommée représentante du BARC à Douala;

3) son autre parent Mahamat RABIO a été nommé chef d’agence du BARC à Beloko, poste frontière sur l’axe routier entre la RCA et le Cameroun.

4) il a créé le poste de Directeur Général adjoint (poste qui n’a jamais existé auparavant au BARC) et y a nommé Mme Emilie KEZZA, sa maîtresse.

De cette manière, Sani YALO contrôle tout le circuit du transit routier du port de Douala à Bangui et les finances du BARC qu’il peut maquiller à sa guise à base de fausses factures sous couvert d’une comptabilité maquillée.

Signataire pour engager des dépenses des comptes bancaires du BARC en toute opacité.

Conjointement avec la Direction Générale (d’abord la DGA puis le DG), le Président du Conseil d’Administration du BARC, était donc signataire sur les comptes bancaires du BARC à la Commercial Bank of Cameroon (CBC) de Douala et ECOBANK de Douala-Bonandjo, Sani YALO a ainsi pu engager les dépenses de cet organisme parapublic sans aucun contrôle ni aucune justification contrairement aux procédures en vigueur et il est dificile de penser que ce petit montage n’ait été réalisé sans l’assentiment sinon l’autorisation d’Arthur PIRI, ministre Contrôleur des sociétés parapubliques. Sani YALO a ainsi eu la main d’une manne financière très importante dans la plus totale opacité.

Des pièces comptables qui parlent trop.

Les pièces comptables suivantes révélées au cours de l’enquête donnent un petit aperçu de l’étendue des montants engagés par Sani Yalo au BARC.

1) ECOBANK CAMEROUN / DOUALA-BONANDJO CHQ N° 7768519 du 08/11/2017, de 5.000.000 (cinq millions) Francs CFA. M. CHOUASSI TCHINGOUÉ Divin, bénéficiaire.

2) ECOBANK CAMEROUN / DOUALA-BONANDJO CHQ N° 7768518 du 08/11/2017, de 5.000.000 (cinq millions) Francs CFA, Société SOCAPNE SA, bénéficiaire.

3) CBC DOUALA CHQ N°3732756 du 20/07/2017, de 12. 195. 008 (douze millions cent quatre-vingt quinze mille huit) Francs CFA, Société SOCAPNE SA, Bénéficiaire, mais encaissé par M. FOYET ERIC le 25/07/2017.

4) CBC DOUALA CHQ N°3732757 du (???), de 16. 004. 021 (seize millions quatre mille vingt-un) Francs CFA, Société SOCAPNE SA, Bénéficiaire, mais encaissé par M. FOYET Eric le (???).

5) TROIS (03) AUTRES CHÈQUES (CHQ) CBC DOUALA DONT «NOUS-MÊMES» serait Bénéficiaires; par «NOUS-MÊMES», il convient d’entendre Sani YALO, le PCA quand il ne s’agit du DG ENDJITO (en principe après le 20 septembre 2017) ou de la DGA KEZZA-KOYAGBON (en principe avant le 20 septembre 2017).

a) Le 03/01/2017, CHQ N°3732675, 15. 000. 000 (quinze millions) Francs CFA.
b) Le 10/01/2017, CHQ N°3732696, 5. 000. 000 (cinq millions) Francs CFA.
c) Le 07/02/2017, CHQ N°3732698, 20. 000. 000 (vingt millions) Francs CFA.

Une affaire embarrassante pour Bangui.

Un système de prédation simple mais efficace pour détourner les fonds du BARC se dévoile, aux profits des dirigeants du BARC et de Faustin Archange Touadéra, bénéficiaire d’achats de matériaux de construction pour des travaux en Centrafrique et au Cameroun; selon les indiscrétions des premières auditions du Parquet de Bangui. Plus largement, le système Sani YALO gangrène l’ensemble du régime, de la Primature Centrafricaine à la Présidence de la République, avec des petits cadeaux consentis entre « amis » par décaissements réguliers de millions de CFA à des fins personnelles. Au-delà de cette organisation mafieuse, les autorités banguissoises commencent sérieusement à craindre que Sani YALO n’éclabousse finalement son «ami Touadéra» et ne l’entraîne au final dans sa chute annoncée.

Le cousin du Président Flavien MBATA, Garde des Sceaux, arrivera-t-il à corrompre la procédure d’enquête en cours pour éviter que les détails de cette affaire ne parviennent aux oreilles d’OBIANG NGUEMA MBASOGO ?

Affaire à suivre…

Thierry Simbi

Source : abangui

abangui

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