Les « talibés » dénoncent les violences et la mendicité forcée au Sénégal

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« Ce qui est le plus difficile quand on est talibé, c’est de devoir mendier car le marabout nous frappe quand on n’amène pas assez d’argent », a expliqué à l’AFP Moussa (prénom d’emprunt), qui a participé ce week-end à une marche avec quelques dizaines d’enfants dans les rues de l’ancienne capitale sénégalaise.

Le garçon, vêtu d’un jeans déchiré, qui est hébergé dans un daara (école coranique), doit récolter sa nourriture et 400 francs CFA (0,60 euro) par jour pour son maître coranique, a-t-il ajouté.

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Bloquant la circulation, les enfants, âgés de six à 14 ans environ, portaient des banderoles et pancartes et chantonnaient des refrains tels que « Non à la violence, oui à l’éducation ».

Le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l’islam soufi, représenté par différentes confréries.

Envoyés dans un daara par leurs parents, parfois à des centaines de kilomètres de chez eux, les talibés passent le plus clair de leur temps à apprendre le Coran et à mendier.

« Plus tard, je souhaite devenir marabout », a confié un autre talibé, âgé d’une dizaine d’années.

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Les enfants étaient encadrés par des bénévoles de l’association Cœur en Or, qui vient en aide aux talibés en distribuant des repas et en prodiguant des soins médicaux.

Quelque 14.000 talibés vivraient à Saint-Louis, selon un recensement effectué en 2016 par l’association Maison de la gare, sur les quelque 50.000 que compterait le Sénégal.

« Ils se blessent tout le temps en marchant sur des éclats de verre car ils sont généralement pieds nus. Ils contractent aussi des maladies dues à l’insalubrité dans laquelle ils vivent, sans compter les accidents de la route et les agressions », explique un infirmier de Saint-Louis, Mouhamadou Kane.

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Depuis 2016, les autorités sénégalaises ont lancé plusieurs opérations de « retrait » des enfants de la rue, la dernière en mars. Mais leurs résultats restent mitigés.

« Cela a beaucoup été médiatisé, mais cela concerne principalement Dakar. A Saint-Louis, je n’ai constaté aucun changement. Il y a toujours autant d’enfants, voire plus, qui errent dans la ville », regrette le fondateur de Coeur en Or, Cheikh Gaye.

Avec AFP

 

Source : VOA Afrique

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