Préparer activement les femmes détenues de Bimbo à leur réintégration sociale

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En prélude à l’Edition 2018 de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, la Maison d’Arrêt et de Correction pour Femmes de Bimbo, en partenariat avec les Ministères de la Justice et de la Promotion des femmes et la section des Affaires judiciaires et pénitentiaires de la MINUSCA, a organisé ce mardi 6 mars 2018 une Journée portes ouvertes. Objectif : donner aux détenues l’opportunité de « faire voir au public et surtout de lui faire apprécier et acquérir, en contrepartie d’une motivation financière, les produits artisanaux qu’elles ont fabriqués à la suite de divers formations reçues pendant leur détention. »

Mais au-delà du symbole, l’objectif est de sensibiliser les femmes détenues qu’en dépit de leur statut elles peuvent continuer à être utiles à leur famille et à la société. C’est pourquoi, en introduisant cette activité qui se déroulait sous le Haut patronage de la première dame de Centrafrique, MmeTina Touadera, le Maire de Bimbo, Odon Omoko Boumon, a évoqué les difficultés de ces « femmes à se réinsérer dans la vie sociale après avoir purgé leur peine ». C’est la raison pour laquelle il a remercié la MINUSCA « dont l’action concourt a cette réinsertion et permet à de nombreuses femmes détenues de ne pas se sentir coupées de la société. »

Franck Dalton, Chef de la Section Judiciaire et pénitentiaire de la MINUSCA, intervenant au nom du Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, a estimé que cette activité contribuera à « briser les barrières et à prévenir la stigmatisation qui est souvent un obstacle à la réintégration des personnes détenues dans leur collectivité respective ». Il a rappelé que la MINUSCA a pour mandat entre autre d’apporter un appui technique et financier au gouvernement centrafricain en vue de moderniser le service publique pénitentiaire, veiller à l’humanisation des conditions de détention et préparer la réinsertion sociale des personnes détenues. La prison doit offrir aux détenues la possibilité de s’amender et de se réinsérer dans la société, et c’est pourquoi la MINUSCA intervient dans ce secteur depuis 2014, a-t-il en substance dit. Il a ensuite fait un véritable plaidoyer pour l’attention du gouvernement au caractère « spécifique » de la détention des femmes, notamment celles qui sont enceintes ou des nourrices, dont l’encadrement appelle des dispositions particulières qui vont de l’aménagement des espaces à la surveillance qui devrait être la plus féminine possible. Enfin, Franck Dalton a redit la « détermination de la MINUSCA à accompagner la Centrafrique dans la réforme de son système pénitentiaire afin qu’il se mette autant que possible au diapason des standards internationaux » en la matière.

La ministre de la Promotion de la Femme, de la famille et de la Protection de l’enfant, Aline Gisèle Pana, a, pour sa part, insisté sur le fait que « malgré leur situation de détention, les femmes restent des femmes et ont le droit de jouir de la vie » ; d’où la nécessité de leur préparation à se réinsérer dans la société une fois leur peine accomplie. Elle rappellera le thème national choisi cette année pour la Journée internationale de la femme : « Autonomisation de la femme et sa participation au redressement économique de la Centrafrique ». En évoquant les 50 femmes prisonnières à Bimbo et les quatre enfants de six mois à trois ans qui sont avec leur mère détenue, la ministre a insisté sur la détermination du gouvernement auquel elle appartient à « rechercher des solutions pour améliorer leurs conditions de vie ».

Mme Touadera, procédant à l’ouverture officielle de cette journée, s’est dite heureuse de cette initiative en faveur des femmes de la Maison d’Arrêt et de Correction de Bimbo. Et, adressant aux détenues un mot d’encouragement, elle a dit : « vous devez considérer votre situation actuelle comme une étape, le meilleur restant à venir, puisque au sortir d’ici vous aurez des projets à concrétiser » Complétant cet encouragement de façon plus concrète, la Première dame de Centrafrique a remis aux détenues une enveloppe de 500.000 CFA pour leurs besoins quotidiens et a procédé à une distribution de Bibles.

La Loi no 12.003 du 12 avril 2012 fixe les principes fondamentaux du régime pénitentiaire en République centrafricaine en application de laquelle, la MINUSCA, à travers sa section des Affaires judiciaires et pénitentiaires, apporte un appui technique et financier au gouvernement en vue de la modernisation de son service public pénitentiaire.

Source : abangui

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