Centrafrique : Plusieurs ex-enfants soldats réinsérés à Bangui reconstruisent leurs nouvelles vies

Centrafrique : Plusieurs ex-enfants soldats réinsérés à Bangui reconstruisent leurs nouvelles vies

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BANGUI, 13 février 2018 (RJDH)—Le 12 février de chaque année le monde célèbre la journée internationale de lutte contre le recrutement des enfants dans les groupes armés. Lors d’un reportage, le RJDH s’est intéressé au sujet de ces enfants  démobilisés et réinsérés aujourd’hui dans la société.

Il est 11 h 33.Nous sommes au quartier Ngongono 1 dans le 8ème Arrondissement de Bangui, nous accompagnons une équipe de l’ONG Plan International qui a mis en œuvre dans les 8 arrondissements de la ville de Bangui, un projet d’éducation et de protection des enfants victimes du conflit survenu à Bangui.

Hugor Nambea, animateur de protection à l’ONG Plan International, nous précise le contexte du projet.  «C’est un projet qui vise à faciliter la réinsertion des enfants associés aux forces et aux groupes armés que nous avons réussi à faire sortir. Il est prévu qu’à la fin de leur apprentissage, ils seront dotés en kits de retour à la vie civile et ceux qui sont encore mineurs vont être installés dans les familles d’accueil transitoire » a-t-il expliqué.

Toujours à Ngongono 1, l’animateur nous conduit dans une famille d’accueil où est installé un enfant âgé aujourd’hui de 10 ans et qui avait été recueilli par un chef de groupe armé à Bouca. Tout son village a été décimé par la Séléka en 2015. «Il était parti ce jour-là jouer avec ses amis quand son village a été brulé et ses parents étaient tous tués. Aujourd’hui, il est en classe de CE I et nous l’accompagnons pour qu’il intègre bien la communauté».

Ces enfants associés aux forces et aux groupes armés sont aujourd’hui formés par l’ONG Union des Techniciens en Faveur des Jeunes Désœuvrés (UTEFAJEDE) avec l’appui de l’Union Européenne, celui de l’Unicef et de l’ONG Plan International.

Etienne Doungou Maïdou, Directeur du centre à l’ONG UTEFAJEDE, montre comment ces enfants sont formés, «Ces enfants qui sont formés, nous allons les aider à s’installer. Aujourd’hui, nous sommes venus implanter un atelier ici à  Ngongono 1 au sein duquel ils vont commencer à poursuivre leur activité génératrice de revenu. Nous les avons formés en menuiserie, maçonnerie, saponification et en électricité».

Nous rebroussons le chemin pour le 7e arrondissement de Bangui. Au quartier Yongoro dans cet arrondissement de Bangui, nous allons à la rencontre d’un enfant sorti des forces et groupes armés qui tient dorénavant un petit commerce. Il exerce un petit commerce et accueille beaucoup de clients venus s’approvisionner. Tout joyeux, il s’accommode de sa nouvelle vie qui semble bien lui convenir. Il s’appelle Junior (pseudonyme) et avait 15 ans quand il a intégré un groupe armé. «Ma nouvelle vie m’a permis aujourd’hui de me prendre en charge. Je l’espère aussi pour d’autres enfants encore dans les rangs des groupes armés»

Aujourd’hui, les enfants sortis des groupes armés en Centrafrique sont au nombre de 12 500 depuis 2014 et tentent de reprendre une vie normale grâce à l’appui de plusieurs ONG. Plusieurs programmes sont en cours, afin de les aider à reconstruire leurs vies.

Source : RDJH

RDJH

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