Centrafrique : une prison dorée pour Rodrigue Ngaïbona alias général Andjilo

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Si, après deux ans de détention préventive, Rodrigue Ngaïbona alias général Andjilo a connu son sort ; prison à vie avec travaux forcés à exercer, il ignore encore, tout comme ses adeptes, le prochain bâtiment qui doit l’héberger pour le reste de sa vie privative de liberté. Prison centrale de Ngaragba avec les autres prisonniers ? Celle de Bimbo avec les femmes, Camp de Roux avec les militaires indisciplinés ? En attendant, avec son frère cadet, ils vivent et jouissent d’un régime de semi-liberté dans la prison militaire soi-disant hautement sécurisée de Camp de Roux.

Arrêté le 17 janvier 2015 par les militaires camerounais de la MINUSCA, dans son village natal de Bouca, Rodrigue Ngaïbona, ancien chargeur des camions converti en coupeur de routes puis reconverti général dans la milice Anti-balaka, a été retenu coupable de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Après deux ans de détention provisoire vécue comme un fils d’un chef de l’Etat, c’est désormais une prison à vie assortie des travaux forcés à perpétuité qu’il doit vivre. Une peine, trop pénible sous d’autres cieux, mais en Centrafrique, elle est loin d’être assimilée à une vie de prison, eu égard aux dispositifs sécuritaires des infrastructures carcérales. Ce qui pousse la Communauté internationale à garder le célèbre prisonnier de Bouca encore un moment dans sa cellule-villa lumineuse de Camp de Roux.

Il ne va être ni transféré à Bimbo, ni redéposé à la prison centrale de Ngaragba devenue une râpe, une passoire pour tous criminels.

Que ça soit à Bimbo, à Ngaragba ou au Camp de Roux, Rodrigue Ngaïbona alias général Andjilo rétorque : « Rien ne changera dans ma vie actuelle ».

Pour le célèbre chef de guerre, Rodrigue Ngaïbona alias général Andjilo, le verdict des juges n’aura aucun effet sur sa vie actuelle. Après une visite à son mari, l’une de ses femmes croisée par CNC, rapporte : « Le général vit bien, mange à sa faim et est en bonne santé. Et il m’a même servi ».

Pour certains prisonniers et amis à Rodrigue Ngaïbona, le général Andjilo est comme un général d’armée dans une prison militaire ou un sénateur américain dans une prison africaine. En possession d’un téléphone portable, il appelle qui il veut et il reçoit certains dignitaires commissionnés par la Haute Autorité à des heures qu’il souhaite. Et grâce à ses actions très fructueuses sur le résultat des élections présidentielles en faveur de l’homme fort de Damara Faustin Archange Touadéra, il est très aimé par celui-ci et sa famille politique qui lui font des gestes d’allégeance.

« Le général Andjilo, tout comme son frère, ne mange jamais les plats carcéraux distribués. Si leurs repas ne viennent pas à temps, il appelle et on lui paie des plats du dehors bien épicés avec du piment, moutarde, concombre…» parole d’un des prisonniers.

« Quand il me reçoit, ce sont toujours avec les » mamans na pètè » (expression utilisée pour désigner les billets de banque de 10 000 F CFA) qu’il me commissionne avec pour donner à ses deux femmes et aussi pour mon transport ». A fait savoir à CNC, un militaire, compagnon d’armes et de machettes de Andjilo.

Alors que le général Andjilo vit, depuis sa cellule, comme un millionnaire en captivité plusieurs autres criminels et chefs de guerre vivent selon l’Ecclésiaste. Certains continuent de se comporter aux seigneurs de guerre et d’autres, se comportent en Prêtre ou Evangélistes. Ils reçoivent, à ce titre, des dimes des autorités, d’autres de leurs fidèles à l’image de Sayo Armel. C’est ce qui aurait justifié, d’après nos informations, l’insistance du conseil du général Andjilo à voir apparaitre devant le jury le capitaine Gbangouma, ancien bras droit de leur client et considérer comme un témoin à charge et à décharge. Demande de comparution rejetée par les juges qui pensent avoir affaire à une stratégie dilatoire du conseil.

En tout cas, le mystère entoure le dossier Andjilo que les Centrafricains attendent connaitre davantage un fois qu’il serait à nouveau devant les juges internationaux.

Par : Gisèle Moloma, CNC.

Source : abangui

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