L’aventure américaine de Patrice Carteron

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Comment se passe cette aventure américaine ?

Patrice Carteron : « C’est assez extraordinaire. J’étais venu en ami rendre visite à Didier Drogba à l’époque et je ne m’imaginais pas, quelques jours plus tard, m’engager pour prendre la tête de cette équipe de Phoenix Rising. J’ai été séduit par le projet de cette ville jeune, en pleine expansion. C’est ainsi que le propriétaire du club et les partenaires ont réussi à séduire Didier Drogba. Je sortais de plusieurs saisons en Afrique et je venais d’effectuer une belle saison avec Al-Nasser en Arabie Saoudite. Ici, à Phoenix, nous avons effectué une deuxième partie de saison fantastique l’année dernière. On s’est qualifié pour les play-offs pour la première fois. On a été éliminé contre le vainqueur de notre conférence aux penalties. C’est prometteur pour la suite. »

Les Etats-unis ne sont pas qualifiés pour la Coupe du monde 2018. Comment jugez-vous le niveau du soccer ici ?

Patrice Carteron : « Le niveau progresse, notamment au niveau des joueurs américains. Cette non-qualification au Mondial 2018 c’est un paradoxe. L’USL, par exemple, est devenu un vrai concurrent de la MLS. J’ai été agréablement surpris par le niveau de la deuxième division américaine. C’est une autre ambiance qu’en Europe, avec un public plus supporter que fanatique. Je suis sûr que la fédération américaine de football sera prendre les bonnes décisions pour l’équipe nationale reflète l’évolution positive du soccer ici. »

Comment se passe la retraite dorée de Didier Drogba à Phoenix ?

Patrice Carteron : « Je connais Didier depuis très longtemps. Il va avoir 40 ans et il pourrait jouer dans n’importe quel club européen aujourd’hui. Il est tout neuf physiquement après c’est une question de motivation personnelle. »


Quel est votre avenir à Phoenix ?

Patrice Carteron : « J’ai un accord avec Didier. Je suis venu pour être le dernier entraineur de sa carrière. Il m’a annoncé que la saison à venir serait sa dernière. C’est un honneur et un privilège pour moi d’être le coach d’une telle star. On ne gère pas Didier Drogba comme n’importe quel joueur. C’est très enrichissant pour moi. »

Avez-vous envie de revenir entrainer en France après cette expérience américaine ?

Patrice Carteron : « Pas du tout. Je peux comprendre qu’Hervé Renard ou Philippe Troussier aient pu ressentir ce besoin à une époque. Je n’ai aucun sentiment de revanche vis-à-vis de la France. J’ai été le premier coach à faire monter Dijon en Ligue 1 alors que nous avions le dernier budget de Ligue 2. On a aussi joué le maintien en Ligue 1 par la suite. J’ai vécu des expériences extraordinaires et j’ai eu des succès aussi à l’étranger où je me suis pleinement épanoui. J’aime beaucoup voyager. Peut-être qu’un jour je reviendrais en France. Mais avec aucun esprit revanchard. Je reste supporter du football français​. »

Que pensez-vous de la non-qualification du Mali à la Coupe du monde 2018 ?

Patrice Carteron : « A l’époque, beaucoup ont été surpris de mon départ. J’ai été le premier entraîneur à gagner tous les matches, à l’exception de la demi-finale de la CAN. On avait réussi à décrocher une 3e place. On avait gagné tous nos matches à l’extérieur, ce qui n’était pas arrivé depuis 6 ans. Et nous étions en tête du groupe de qualification pour la Coupe du monde 2014, devant l’Algérie. Il nous restait trois matches, dont deux à domicile. On venait de s’imposer au Rwanda et j’étais très en colère parce que les conditions de préparation n’avaient pas été très sérieuses. J’avais dû payer l’hôtel aux joueurs ainsi que des billets d’avion de certains joueurs de ma poche. C’était inacceptable. Je voulais aussi des garanties sur mon contrat qui se terminait après les éliminatoires, si je qualifiais l’équipe à la Coupe du monde. Je n’ai pas eu ces garanties et ils ont senti que mon travail suffirait avec deux matches à domicile contre le Rwanda et le Benin pour se qualifier. Au même moment, j’ai eu cette offre du TP Mazembe. Je suis donc parti et le Mali n’a plus gagné un match et a raté la Coupe du monde. On avait vraiment un potentiel à l’époque​. Depuis les résultats sont très difficiles. C’est bien d’avoir un potentiel de joueurs mais il faut avoir des dirigeants à la hauteur pour mettre en place une vraie politique. Il y a pourtant un potentiel phénoménal au Mali avec les résultats récents des U-15, U-17 et U-19. »

Source : VOAAfrique

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