Le point sur l’enquête sur la tuerie en Casamance

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Après des années d’accalmie, la Casamance a connu un regain de violence le 6 janvier, avec le massacre de sang-froid de 14 hommes partis chercher du bois dans la forêt protégée de Bayotte, proche de Ziguinchor, principale ville de la région.

« L’attaque du 6 janvier a été planifiée et exécutée (…) pour le compte de deux villages », a déclaré le procureur de Ziguinchor, Alioune Abdoulaye Sylla.

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Elle a été menée par des habitants « avec un renfort d’hommes sous les ordres d’un lieutenant d’une faction » de la rébellion, a-t-il dit, sans jamais évoquer directement les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), en lutte pour l’indépendance depuis 1982.

Le lieutenant-colonel Issa Diack, chef de la section recherche de la gendarmerie, a précisé que l’enquête, toujours en cours, avait conclu à « une implication directe des personnes arrêtées » depuis une dizaine de jours.

Parmi ces 24 prévenus figurent « celui qui avait planifié l’opération » et 15 autres personnes « ayant pris une part active » dans la tuerie, a indiqué le procureur.

Un des chefs militaires historiques du MFDC, Salif Sadio, a exclu toute implication dans la tuerie, dans un entretien mardi avec l’AFP, mais la rébellion est divisée en factions rivales, et la sienne est principalement présente dans le nord de la Casamance, limitrophe de la Gambie, alors que la tuerie s’est produite dans le sud, frontalier de la Guinée-Bissau.

Selon des experts et le MFDC, le massacre pourrait être lié à la coupe illicite de bois précieux comme le teck, à destination de pays tels que la Chine.

‘Armes, munitions et tenues’

L’armée sénégalaise a multiplié depuis trois semaines les opérations de ratissage dans les forêts des alentours. Lors de ces opérations, au moins un « homme armé » puis un « rebelle » présumé ont été tués, les premiers accrochages mortels avec les militaires signalés depuis plusieurs années.

Seize personnes, dont un journaliste local, auteur de plusieurs livres sur la rébellion en Casamance, ont été inculpées le 19 janvier d’association de malfaiteurs, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel, détention d’armes sans autorisation, coups et blessures volontaires et vol en réunion. Puis huit autres le weekend dernier.

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« La synthèse des informations recueillies a mené vers des pistes qui convergent vers la localité et le cantonnement d’une base. Une partie des armes, munitions et tenues seraient venues des bases » tenues par des rebelles, a ajouté M. Sylla, sans donner de détails sur le village ou la faction concernés.

La tuerie est survenue une semaine après la libération de « quatre individus » membres de comités villageois de défense de la forêt qui avaient été emprisonnés à Ziguinchor pendant un mois après des plaintes de « deux exploitants forestiers » pour « coups et blessures », a souligné le procureur.

Les responsables de l’enquête n’ont pas évoqué la mort suspecte, la semaine dernière, du secrétaire général d’un comité intervillageois de protection de la forêt, juste avant une nouvelle audition par la gendarmerie, provoquée par l’ingestion d’un produit toxique, selon l’autopsie.

Le gouvernement a adopté mercredi le projet de loi portant révision du Code forestier, conformément aux instructions du président Macky Sall, qui a ordonné la semaine dernière la suspension de toutes les autorisations de coupe de bois en Casamance.

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Dans son message de fin d’année, M. Sall avait exhorté la rébellion à faire « le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu », et deux membres du MFDC avaient été libérés le 1er janvier.

Au lendemain de la tuerie, le MFDC avait réaffirmé son engagement au dialogue, assurant qu’il ne se laisserait « pas distraire ni désorienter par les fossoyeurs de la paix ».

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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