Une vingtaine de Burkinabè volontairement rapatriés de la Libye

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Le visage hagard, l’air fatigué plus en raison de ce qu’ils ont vécu que par le voyage depuis la Libye, ils sont 19 Burkinabè à être rapatriés.

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Pour Issa, 25 ans, qui s’essayait à la maçonnerie, l’eldorado s’est transformé en cauchemar

« Un Noir quand tu sors comme ça pour aller travailler, c’est possible que tu sois enlevé et tes amis ne vont plus savoir où tu es. En venant même sur la route, en partant à l’aéroport les policiers nous ont attaqués sur la route. Ils ont fouillé nos sacs, ils ont enlevé les portables des gens, ils ne nous ont rien rendu « , explique M. Issa.

Un retour à la case départ favorisé par le gouvernement burkinabè avec le soutien de ses partenaires. Ce n’est pas une tâche facile reconnait la ministre déléguée, en charge de la coopération régionale et des Burkinabès de l’extérieur, Evelyne Solange Bogore.

« On les sensibilise. Il y en a qui décident de venir, il y en a qui s’inscrivent et qui par la suite désistent. Faut-il aussi souligner qu’il faut pouvoir les localiser, parce que l’ambassade fait beaucoup d’efforts pour aller vers nos ressortissants. Mais si vous n’arrivez pas à les localiser, parce que ce sont des gens qui bougent beaucoup, il y a une très forte mobilité, donc il faut se réjouir du fait qu’on ait pu obtenir ces retours volontaires « , affirme Mme Bogore.

Il y a près d’un an que Mohamed 23 ans est parti à Tripoli. Là-bas, les animaux seraient mieux traités que les Noirs estime-t-il.

 » Nous les noirs, ils considèrent les troupeaux mieux que nous. Des fois, on te voit sur la route, les Libyens t’attrapent et t’enlèvent. On dit qu’il faut appeler tes amis ou tes parents pour qu’ils donnent l’argent, la rançon. Si la famille n’en a pas pour te donner, ils blessent les gens. Parfois ils tuent des gens pour ça. Vraiment, mes frères et sœurs qui veulent aller en Libye, doivent se résigner. Tu pars pour souffrir, tu peux partir aussi même sans revenir, on tue les gens parfois « , se plaint M. Mohamed.

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Leur réinsertion devrait a priori se faire sans accroc, à en croire la ministre déléguée. Ils ne seront pas délaissés, rassure-t-elle.

« La réinstallation et la réinsertion se font avec l’appui de nos partenaires, notamment l’OIM qui les assiste dans la réinstallation et cela se fait en fonction de ce qu’ils avaient comme occupation auparavant. Donc, on les accompagne pour qu’ils puissent se réinstaller et puis mener une activité et avoir une vie décente », soutient Mme Bogore.

Depuis 2011, 2958 retours dont 1407 pour 2017, de Burkinabès de Libye ont pu être effectifs et les efforts se poursuivent.

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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