Centrafrique : 59e anniversaire de la république ,une fête dans le péril

Centrafrique : 59e anniversaire de la république ,une fête dans le péril

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Beaucoup, à Bangui, se demandaient s’il était raisonnable de faire la fête alors que le pays est plongé dans le chaos. Certains rebelles, ennemis de la République Centrafricaine, voulaient d’ailleurs, purement et simplement, annuler ce symbole fort de sa souveraineté, qui doit, tout au contraire, demeurer pérenne.

Bien entendu, on peut s’interroger sur l’opportunité de fêter ce 59e anniversaire de l’Indépendance. Mais si on ne le célébrait pas, on donnait raison à tous ceux qui veulent détruire la République. Les Centrafricains ont donc choisi de démontrer qu’ils pouvaient être debout, unis et en liesse, pour se souvenir du père fondateur de leur pays, Barthélémy Boganda. En ces temps difficiles et incertains, il fallait que les Centrafricains affirment leur patriotisme face à ceux qui ne cherchent qu’à violer la démocratie et à briser leur unité. Malgré les hurlements des loups qui terrorisent leur patrie, les Centrafricains ont fêté, comme ils le devaient, le 59e anniversaire de leur République, symbole fort et intangible de la réalité inviolable de leur pays.

UNE GOUVERNANCE RÉSOLUMENT PATRIOTIQUE

Le président Touadera s’est adressé à la nation dans un discours de circonstance qui a marqué les esprits. Il a rappelé en effet aux Centrafricains les préceptes de Barthélémy Boganda, fondateur de la République, qui constituent une philosophie de bonne gouvernance que le gouvernement Sarandji II semble, malheureusement, ignorer. Si les engagements de Barthélémy Boganda avaient présidé aux destinées du pays, nous n’en serions pas là.
C’est pourquoi nous pensons que le gouvernement doit se ressaisir et mener une gouvernance patriotique résolue face aux groupes armés. Il est urgent que le gouvernement gouverne. Que la protection des populations et l’intégrité territoriale du pays soient assurées. La République Centrafricaine en est loin.

Elle semble être engagée, au contraire, dans un cul-de-sac, dont elle ne peut plus s’extraire. La venue du Souverain Pontife et le voyage du Secrétaire Général de l’ONU, qui avaient suscité tant d’espoirs, autant que les propositions de l’Union Africaine pour un dialogue de paix, se sont noyés dans les méandres boueux du marigot tumultueux qu’est devenue la Centrafrique. Désormais, il ne se passe pas un jour sans qu’on apprenne que des massacres de populations ont eu lieu. Que la situation dans la capitale est si tendue qu’une broutille est capable de mettre le feu aux poudres.

Si l’incertitude qui plane sur le pays ne cesse pas, c’est l’effacement assuré. Les dirigeants doivent changer de cap et opter pour une politique d’urgence afin de sauver le pays. En tant de guerre, ce n’est pas l’immobilisme qui doit présider aux destinées d’un pays : c’est l’engagement patriotique et républicain de ses dirigeants.

JOSEPH AKOUISSONNE (5 décembre 2017)

Source : abangui

abangui

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