L’ONG américaine IRI fait le point sur son bilan en Centrafrique

L’ONG américaine IRI fait le point sur son bilan en Centrafrique

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BANGUI, 15 septembre 2017 (RJDH)–Dans une interview accordée au RJDH, Nicolas Teindas, a fait le bilan des activités de l’ONG IRI en Centrafrique. Il se dit satisfait par ce que cette organisation a pu réaliser ses activités avec succès.

Monsieur Nicolas Teindas bonjour

NT : Bonjour !

Vous êtes le directeur pays de l’Institut Républicain International (IRI) en République Centrafricaine en fin de mission. Alors dites-nous qu’est-ce que vous pouvez garder des actions d’IRI après deux ans ?

Il y a deux ans, l’IRI n’avait pas encore de bureau, pas encore de présence. Les élections n’avaient pas eu lieu et un calendrier électoral était à peine envisageable. C’est dans ce contexte que l’IRI s’est installé, fin 2015, dans le cadre d’un Consortium que je dirigeais, composé par Mercy Corps, Internews, le RJDH et le RONGDH. Dès l’ouverture de nos bureaux, nous avons travaillé d’arrache-pied en tant que partenaires du processus électoral et avons intégré dès le début le comité technique piloté par la MINUSCA/PNUD, à qui nous avons apporté des activités d’éducation civique soutenant l’action de l’Autorité Nationale des Elections (affiches du « chemin de l’électeur » dans chacun des bureaux de vote, émissions de radio dans les camps de déplacés, spots radio sur les explications de l’importance du vote, formations de formateurs à l’aide du RONGDH) ; nous avons soutenu la démarche de publication transparente des résultats des élections par l’ANE en les aidant à mettre en place leur site internet – qui a été visité 40 000 fois dès les 15 premiers jours !

Et puis, nous avons commencé notre collaboration avec l’Assemblée Nationale, avec des premiers contacts pris sous le Conseil National de Transition (CNT). Cette collaboration, qui se poursuit, a visé la formation des parlementaires, du personnel de l’Assemblée, mais également des activités de soutien des restitutions parlementaires sur le terrain (Ndélé, Boali, Berberati, Bouar, Bangui, etc), qui ont connu un grand succès.

Alors, j’ose espérer que notre bilan est globalement encourageant, même si j’ai conscience que notre action est toujours insuffisante et que tous les partenaires doivent continuer, maintenir un degré élevé d’efforts.

IRI a institué un groupe des jeunes leaders appelé « génération démocratie : GENDEM » comment se porte-t-il au moment où vous quittez le pays et quel sera son avenir ?

Ce groupe, nous l’avons créé en 2016. Mais ce n’est pas une spécificité centrafricaine. Disons plutôt qu’il est endémique à IRI : nombre de bureaux d’IRI à travers le monde sont composés de cette entité « GenDem » (Generation Democracy), sorte de plateforme qui vise à regrouper les actions des jeunes leaders qui, dans leur pays sont impliqués au niveau de la société civile ou au niveau politique et qui, par leurs idées, ont la volonté puissante de faire bouger les choses.

En Centrafrique, je pense que nous avons atteint l’objectif fixé : arriver à créer un groupe qui, de par sa dynamique interne, parvient à continuer de manière quasi indépendante sa mission première dans le pays : mener des actions d’éducation civique partout où elle est nécessaire dans les quartiers, porter la voix de la démocratie, du civisme, du respect de l’autre ; faire connaître le rôle du député, de l’Assemblée Nationale.

A ce titre, le groupe GenDem a été reçu par le Président de l’Assemblée Nationale le 15 août dernier, pour un partage de vue sur le rôle de la jeunesse en Centrafrique. Cet échange a été franc, chaleureux et très productif puisqu’il devrait déboucher sur un partenariat plus solide avec l’Assemblée et je m’en réjouis vivement.

La Génération Démocratie est mieux cotée selon le bureau régional comment comptez-vous appuyer cette dynamique portée par les jeunes à être un vecteur de démocratie et de bonne gouvernance dans le pays ?

Il est des pays où « la sauce prend » et la Centrafrique est un de ceux-là : un besoin en éducation civique, exprimé par la population, qui est immense. Un groupe de jeunes extrêmement motivés et dynamiques, fourmillant d’idées. Des institutions partenaires enthousiastes. Et voilà tous les ingrédients pour obtenir la branche GenDem Centrafrique la plus dynamique du continent. Les jeunes membres du groupe en sont fiers et ils ont vraiment de quoi, ils sont formidables !

IRI est membre d’un consortium avec Internews, le RJDH, Mercy Corps. Dans ce cadre des actions ont été menées dans le cadre de la citoyenneté. S’il faut placer sous bénéfice d’inventaire ces actions, quel bilan peut-on retenir ?

NT : Comme je le disais plus haut, le bilan est globalement encourageant, mais il reste encore tellement à faire. J’encourage vivement les autres ONG, nationales et internationales, à investir plus encore le champ de l’éducation civique. Si le champ humanitaire reste malheureusement la préoccupation et l’urgence première parce que trop de population centrafricaine souffre énormément dans sa chair, il faut continuer et renforcer l’éducation civique à la citoyenneté, faire connaître au peuple ses droits et devoirs, inculquer les notions de civisme, de respect.

Après l’appui au processus électoral, IRI apporte son soutien à la connaissance des institutions en particulier le parlement dans un contexte d’installation du Sénat en RCA.  Comment va s’organiser le suivi de ce qu’IRI a commencé ?

NT : Alors, bien sûr, ce n’est pas parce que je pars que le Bureau s’arrête de fonctionner. Le Bureau reste toujours ouvert et les activités se poursuivent, tant avec l’Assemblée Nationale que l’éducation civique dans les quartiers. Et j’ai toute confiance que le personnel centrafricain qui continue à gérer le Bureau en ce moment même à toutes les compétences requises pour cela !

Monsieur Nicolas Teindas, je vous remercie !

Propos receuillis par Fernand Koena

RDJH

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