Violences en Centrafrique: les vérités du président de l’Assemblée nationale

Violences en Centrafrique: les vérités du président de l’Assemblée nationale

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En Centrafrique, l’Assemblée nationale va mettre en place un comité de suivi de l’accord de paix signé le 19 juin dernier, à Rome, entre le gouvernement et 13 mouvements rebelles. Cet accord négocié par la communauté catholique Sant’Egidio a-t-il une chance d’être respecté sur le terrain ? Abdou Karim Meckassoua, président de l’Assemblée nationale de Centrafrique, de passage à Paris, répond aux questions de RFI.

RFI : Le 19 juin, un accord de cessez-le-feu a été signé à Rome sous l’égide de Sant’Egidio, mais dès le lendemain, le 20 juin, plus de cent personnes ont été tuées lors d’affrontements à Bria, dans le centre du pays. Est-ce que ça veut dire que cet accord est déjà mort-né ?

Karim Meckassoua : Non, on ne peut pas dire cela. Parce que ceux qui ont commis ce meurtre ignoble n’étaient pas signataires. On ne les connaissait pas réellement. Mais vous savez, le cessez-le-feu est un processus lent. C’est un premier pas.

Mais quand on a vu ce qui s’est passé dès le lendemain à Bria, est-ce qu’on peut dire que les 13 mouvements qui ont signé le 19 juin à Rome sont représentatifs ?

La question se pose. Ce sont des groupes qui relèvent plus de l’entrepreneuriat politico-militaire, que des groupes politiques avec une conviction et un plan politique pour pouvoir venir en aide à la population. Nous avons plus affaire à des groupes qui sont là pour la captation des richesses minières de la République centrafricaine et pour se livrer à des trafics. Donc il est très difficile, effectivement, de dire que ces groupes sont représentatifs. Il reste qu’il faut commencer par eux et on poursuivra avec eux.

Autre tuerie, c’était au mois de mai à Bangassou, à 500 kilomètres à l’est de Bangui. Il y a eu aussi des centaines de morts et six casques bleus tués. Est-ce qu’on sait qui est derrière ces violences ?

Il y a une enquête qui se poursuit. Mais Bangassou était vraiment le crime de trop. Parce que pour la première fois, de façon délibérée, des casques bleus – en tant que casques bleus – ont été visés, attaqués et tués. Et des musulmans qui étaient regroupés à la mosquée ont été ciblés et tués. D’un côté, ce sont les musulmans qui sont tués, mais d’un autre côté aussi ce sont les chrétiens. Et donc c’est de part et d’autre. Toutes les communautés sont victimes de ces agresseurs.

Du côté des Seleka, il y a un mouvement dominant. C’est le FPRC de Noureddine Adam et d’Abdoulaye Hissène. Mais ce mouvement se déchire maintenant, au point que certaines factions pactisent avec les anti-balaka, d’où ces affrontements terribles à Bria notamment. Comment expliquez-vous cette somalisation ?

Vous y allez fort et j’espère qu’on n’arrivera pas à la somalisation. Mais ce qui est sûr – je vous dis – c’est qu’au tout début, il y a quelques années, on pouvait comprendre qu’il y avait des revendications régionales. Disons qu’il y a des préfectures qui n’étaient pas prises en compte depuis l’Indépendance. Ces préfectures avaient été oubliées, mais ce n’est plus le cas. Ce sont des bandits de grand chemin. Et ce qui est dangereux, c’est que la grande criminalité s’installant, ces bandits-là n’ont aucun intérêt à ce qu’il y ait la paix en Centrafrique.

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