En Centrafrique, les rappeurs brandissent le micro contre les armes

En Centrafrique, les rappeurs brandissent le micro contre les armes

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Une poussée de rap se produit à Bangui la capitale centrafricaine. Quatre ans après le début de la guerre civile, des jeunes veulent utiliser le micro pour apaiser les cœurs.

La violence s’entérine en République centrafricaine depuis 2013, début d’une guerre fratricide aux relents politiques et religieux. En dépit de l‘élection d’un nouveau président, de la présence des Nations unies, et même dernièrement d’un accord sous l‘égide de la communauté catholique Saint’Egidio, les tensions ne s’estompent pas.

Face à cette nouvelle escalade, des jeunes ont décidé d’y opposer les mots. Mieux des rimes. Avec le hip-hop qu’ils partagent comme passion, ils espèrent que leurs vibes réussiront à cicatriser les meurtrissures des populations centrafricaines.

One Force, un groupe composé de chrétiens et de musulmans, a déjà franchi un grand pas lorsqu’il a joué face à une foule de 20 000 spectateurs au stade Barthelemy Boganda de Bangui, la capitale du pays. Mais l’objectif du groupe est bien d’aller au-delà du simple spectacle et toucher le cœur du maximum de personnes.

“Notre musique est comme un médicament qui peut guérir le pays”, a déclaré Fotot, un membre du groupe. “Avant de désarmer leurs armes, les jeunes doivent désarmer leur cœur”, ajoute-t-il.

Comme One Force, plusieurs groupes centrafricains utilisent la musique comme une approche pour réconcilier les populations. “Nous disons non. Arrêtez. Nous n’avons pas besoin de guerre “, a déclaré Felix Ngobo, un artiste de 23 ans. “Nous disons : peu importe si vous êtes chrétien ou musulman. Nous sommes tous les mêmes”. Ngobo joue le rôle de “Felika Joker” dans son groupe LK City, avec des chansons intitulées “Nous avons besoin de paix” et de “Réconciliation Street”.

Aujourd’hui, le hip-hop occupe une place majeure dans la vie de ces jeunes. “J’adore le hip-hop. Sans musique, je ne suis rien “, a déclaré Bisseni, également connu sous le nom de” Rym Thug “ du groupe Enigmatique.

Fin juin, cette communauté croissante du hip-hop en Centrafrique était réunie à l’invitation des Etats-Unis et la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) pour des échanges culturels et une jam-session (séance de musique collective qui laisse libre cours à l’improvisation, Ndlr) avec le professeur/poète/artiste musicien/dirigeant communautaire Omekongo Dibinga.

“L’art est une communauté”, a déclaré Dibinga. “Que vous soyez musulman ou chrétien, que ce soit … vous avez plus de choses en commun que de différences. Et quand les gens prennent le micro, ils ne reprennent pas les armes”, a ajouté le rappeur qui a préconisé à ses pairs de garder leur authenticité.

Africatime

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