Cameroun-Centrafrique : la création d’une force mixte de sécurité transfrontalière en projet

Cameroun-Centrafrique : la création d’une force mixte de sécurité transfrontalière en projet

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Les attaques de groupes armés centrafricains suivies quelquefois de prises d’otages et de tueries ont aggravé l’insécurité au Cameroun, une menace préoccupante pour les autorités de Yaoundé qui, après avoir renforcé le dispositif sécuritaire, réfléchissent aujourd’hui avec celles de Bangui à la création d’une force mixte de sécurité transfrontalière.
Le projet a été évoqué lors d’une visite effectuée par le ministre centrafricain de la Défense nationale, Joseph Yakété, depuis dimanche soir jusqu’à mercredi au Cameroun, la première depuis l’élection en février 2016 de Faustin Archange Touadéra comme deuxième chef d’Etat centrafricain démocratiquement élu depuis l’indépendance, vingt-deux ans après feu Ange-Félix Patassé.
Les deux pays voisins partagent une frontière d’environ 800 kilomètres, selon les estimations. Cette frontière est connue pour être poreuse, ce qui favorise les incursions de groupes armés d’origine centrafricaine dans les régions de l’est et de l’Adamaoua du Cameroun, qui accueillent plus de 250.000 réfugiés centrafricains ayant fui les violences dans leur pays.
La mise en place d’”une commission militaire conjointe pour la sécurisation de la frontière” ou “force mixte Cameroun-RCA, dotée d’un mécanisme conjoint de renseignement chargé de développer un échange fluide d’informations entre les armées de nos deux pays”, est surtout une demande des autorités centrafricaines.
Car, a justifié le ministre de la Défense nationale, “ces groupes armés continuent de faire régner la terreur chez ceux de nos compatriotes qui ont trouvé refuge à l’extérieur du territoire national. Leur crainte de regagner le pays, bien que la situation se soit nettement améliorée, s’explique par une grande criminalité transfrontalière, le braconnage, la contrebande et le trafic de drogues”.
“L’établissement d’une commission militaire conjointe qui serait chargée de la coordination des opérations de surveillance à la frontière, la sécurisation des flux migratoires incontrôlés et des échanges et trafics commerciaux paraît indispensable pour le suivi et le contrôle des mouvements des populations entre nos deux pays”, a insisté M. Yakété.
Depuis le coup d’Etat de François Bozizé contre le pouvoir d’Ange-Félix Patassé en mars 2003, le Cameroun est engagé militairement aux côtés de Bangui, avec la mise à disposition de troupes pour le compte de la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), remplacée par la suite par la Force multinationale des Etats d’Afrique centrale (FOMAC).
Il a continué à jouer ce rôle dans le cadre de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA), qui a pris le relais en septembre 2014, moins d’un an après son déploiement fin 2013, de la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine sous conduite africaine (MISCA), de l’Union africaine.
Les opérations des troupes camerounaises concernent surtout la sécurisation de l’axe menant de Bangui à la frontière camerounaise, où de nombreux camionneurs assurant le transport de marchandises entre le port de Douala au Cameroun et la capitale centrafricaine ont été tués, ainsi que des voyageurs, à la suite d’attaques des groupes armés centrafricains.
Recevant son homologue centrafricain, le ministre camerounais délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a lui insisté sur la nécessité d’assurer “le contrôle du triangle Cameroun-RCA-Tchad”.

abangui

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