En Centrafrique, «la LRA donne une légitimité aux groupes armés»

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A l’occasion du procès de Dominic Ongwen qui se poursuit devant la CPI à La Haye, l’ONG The Resolve publie un nouveau rapport sur la LRA. On y apprend, par exemple, que le nombre de défections a baissé ces deux dernières années. Le départ de Dominic Ongwen en décembre 2014 est d’ailleurs l’une des dernières défections. On y apprend aussi que l’Armée de résistance du Seigneur est en fait divisée en deux groupes aujourd’hui. Celui du leader Joseph Kony et celui du docteur Achaye qui a fait défection en 2014. Paul Ronan, directeur de l’ONG The Resolve, détaille ce rapport au micro d’Anne Cantener.

RFI : Dans ce rapport, vous dites que Dominic Ongwen a été l’un des derniers à faire défection de la LRA. Comment expliquer cela ?

Paul Ronan : Premièrement, l’armée ougandaise n’exerce plus la même pression militaire depuis deux ans qu’elle le faisait auparavant. Cela s’explique en partie par la capacité de plus en plus grande de la LRA à éviter les opérations du gouvernement ougandais. Et également, à mon avis, par le fait qu’avec le temps, la plupart des commandants qui souhaitaient quitter la LRA ont déjà fait défection. Donc, c’est plus difficile aujourd’hui. Je pense malgré tout que cette méthode va fonctionner.

Combien reste-t-il de combattants dans les rangs de la LRA ?

Aujourd’hui, il reste moins d’une centaine de combattants ougandais au sein de la LRA. Et Joseph Kony n’a plus l’opportunité d’en recruter de nouveaux, car la LRA n’intervient plus en Ouganda. Or, les commandants ougandais constituent le noyau du groupe rebelle donc même si l’on encourage cinq ou dix d’entre eux à faire défection dans les mois ou les années à venir, cela représente une perte énorme pour la LRA. Et je pense que si on passe en dessous d’un certain nombre de combattants, il y aura un effet boule de neige et d’autres membres de la LRA suivront.

Africatime

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