Centrafrique : le spectre de la famine à l’horizon, avec la pénurie...

Centrafrique : le spectre de la famine à l’horizon, avec la pénurie des produits alimentaires

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M’baiki– Insidieux, mais pourtant la, les signes avant coureurs de la pénurie des produits alimentaires de première nécessité commencent a se faire ressentir dans le pays. A Bangui, les bouchers se défendaient de la hausse des prix par la rareté de la viande, on ne les a pas cru, a tort !

En général ce qui se passe dans la capitale en matière de crise économique, prend des ampleurs plus inquiétantes en provinces, beaucoup plus démunies. La soudaine hausse des prix du bœuf s’explique bien par la rareté de plus en plus accrue de ce produit. Effet papillon de la crise sécuritaire dans le pays entraînant obligatoirement par ricochet une crise alimentaire.

Des bergers ont été attaqués et le sont toujours par les bandes armées : Rançonnés, pillés, assassinés…. De quoi pousser le flux à se tarir, même si les convois sont souvent accompagnés par la MINUSCA, les convoyages de bétails sont de plus en plus incertains. Ceci explique également le fait que de plus en plus les bœufs viennent du Tchad; alors que pendant des décennies, le Centrafrique était le poumon exportateur de viande dans la sous-région.

LOUPE SUR LA LOBAYE

A Moboma, dans la sous-préfecture de M’baïki, une zone pourtant habituellement riche en produits de la forêt, gibiers et autres, c’est également une soudaine inflation des prix, dans des proportions bien supérieures à celles de Bangui. Les prix des gibiers ont explosé jusqu’à atteindre parfois les 200%. Une explication commune, la rareté des produits, et avec des causes identiques, l’insécurité causée par des bandes armées continuant de rôder. Une vendeuse du marché de Moboma se justifie : “Avant, j’allais voir les chasseurs, et ils me vendaient la viande à un bon prix, et il y avait ce qu’il fallait. Maintenant, ils ne ramènent plus beaucoup de choses, parce qu’ils ont peur d’être attaqués par des bandits pendant leur travail. Moi-même j’ai aussi peur quand je me déplace à pied ou par taxi-moto pour aller me fournir. Les malfrats sont à l’affût toujours. C’est pour cela que les prix ont augmenté beaucoup comme ça. Nous devons nous aussi faire un petit bénéfice !”

RISQUE D’EXTENSION

Depuis des mois, le PNUD et l’OCHA CENTRAFRIQUE ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la venue d’une crise imminente de la famine, pouvant mettre en danger extrême plus de 2 millions de personnes. Avec les crises sécuritaires, le sous-bassement économique qui est agricole s’est effondré. Les paysans n’ont pas pu aller librement aux champs, des milliers de greniers ont été brûlés par les rebelles, aussi bien Anti-Balaka que Séléka. Les routes sont de moins en moins sûres. La famine gronde déjà pour les plus vulnérables, essentiellement en province, où plus de la moitié de la population est prise en otages par ces rebelles de toutes sortes, les isolant de tous accès aux soins comme de plus en plus à la nourriture. Les ONGs internationales demandaient en urgence près de 400 millions de $ pour au moins parer au plus pressé, mais cela est resté sans écho.

Le centrafricain moyen peine déjà à faire un repas décent par jour, et encore dans des proportions très limitées.

Cette grave crise qui s’annonce avec ses signes comme les hausses brutales de prix des produits alimentaires, ne concerne pas les nantis de la capitale, pouvant faire bombance trois fois par jour.

Dans un rapport datant de septembre 2014, l’ONU écrivait : “La République centrafricaine est fracturée et traumatisée.” Certes, mais elle a aussi faim !

abangui

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