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Afrique centrale : Des mesures fortes pour faire face à la conjoncture difficile

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Les pays de la sous-région multiplient des initiatives pour faire face à la crise économique, alors que les perspectives tablent sur un ralentissement des activités à cause de la chute drastique des cours du pétrole. La conjoncture économique qui sévit à travers le monde n’épargne pas l’Afrique centrale. Pour y faire face, en l’occurrence la lutte contre la chute vertigineuse des cours de baril de pétrole, le comité de pilotage du programme des réformes économiques et financières de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Pref-Cemac) a arrêté cinq mesures en vue de permettre à ses Etats membres de mettre en œuvre des «actions rapides, vigoureuses et coordonnées». Des décisions prises à l’issue de la session de cette institution sous-régionale, les 16 et 17 janvier 2017 à Brazzaville, la capitale congolaise. Selon de fiables informations, il s’agit là d’une réponse appropriée au choc subi par les Etats de la zone suite à l’effondrement des prix des matières premières, singulièrement le pétrole, dont cinq des six pays en sont producteurs et exportateurs.

Le communiqué final sanctionnant la fin desdits travaux dont Les Afriques a obtenu une copie liste cinq mesures articulées autour des axes suivants : politiques budgétaires, politique monétaire et système financier, réformes structurelles, intégration régionale et coopération internationale. A en croire des experts, «ces cinq piliers constitueront un cadre de référence pour les Etats membres de la Cemac afin qu’ils élaborent des programmes-pays qui permettront à chaque Etat de négocier avec les Institutions de Bretton Woods en vue de sortir de la situation de crise que traversent les économies de la zone Cemac au lendemain de la chute drastique des cours du baril de pétrole».

Sommet des chefs d’Etat de la Cemac

L’organisation de cette réunion intervient moins d’un mois après le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cemac, le 23 décembre 2016 à Yaoundé, la capitale camerounaise, à l’initiative du président Paul Biya. Des assises qui démontrent, s’il en était encore besoin, une conjoncture difficile pour ses économies dont la plupart dépendent des matières premières. Des causes endogènes et surtout exogènes dont la maitrise repose davantage sur des relations multinationales. C’est ainsi qu’en dehors des six chefs d’Etat de la sous-région, l’on a noté la présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et du ministre français de l’Economie et des finances, Michel Sapin. Une double présence qui remet au goût du jour l’attitude tutélaire des économies d’Afrique centrale aux institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international pour qui le taux de croissance en Afrique centrale devrait tourner autour de 3% en 2017 avec en prime la menace d’une autre dévaluation du f CFA, deux décennies après la dernière en janvier 2014 et dont on connait les conséquences, puisque la monnaie d’une quinzaine de pays africains est adossée au Trésor français qui en assure la convertibilité envers l’euro.

Si pour le moment la dévaluation du franc CFA a été évitée, elle n’est pourtant pas écartée, des analystes étant unanimes au fait que les choses pourraient changer à tout moment. Une situation qui pourrait se révéler suicidaire pour les économies d’Afrique centrale dont la balance commerciale est fortement déficitaire vis-à-vis de l’Union européenne qui constitue leur premier partenaire économique d’où proviennent la plupart des produits importés. En dehors des raisons évoquées en sus, la zone Cemac se caractérise par ailleurs par une dégradation des principaux indicateurs macroéconomiques, avec une chute de leur taux de croissance et une augmentation globale du taux d’endettement. Raison pour laquelle «les Etats de la Cemac devraient mettre en œuvre ces cinq piliers de manière modulaire en fonction des spécificités de chaque Etat membre». Aussi, le comité de pilotage du Pref-Cemac exhorte-t-il les Etats membres à l’adopter pour faire des directives communautaires et dont la meilleure gouvernance publique est plus que jamais recommandée.

Achille Mbog Pibasso

Africatime

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