Gabon: le président Bongo investi pour un nouveau mandat de sept ans

Gabon: le président Bongo investi pour un nouveau mandat de sept ans

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C’est donc reparti pour sept ans, au Gabon, avec l’investiture d’Ali Bongo, ce mardi 27 septembre 2016. Une cérémonie qui est intervenue après la confirmation des résultats de la présidentielle par la Cour constitutionnelle, et qui s’est tenue au Palais du bord de mer de Libreville.

Ali Bongo a prêté serment en tenue d’apparat, et il a pris place sous les applaudissements dans le fauteuil de président de la République, chef de l’Etat. Puis vingt-et-un coups de canon ont retenti. M. Bongo a ensuite prononcé son discours de circonstance : « Je suis le président de tous les Gabonais », a-t-il déclaré avant d’insister sur l’importance du dialogue.

« Pour ma part, j’ai compris le sens du vote des Gabonais. J’ai bien compris le doute de certains. J’ai bien perçu la déception d’autres encore. » Et d’ajouter : « Nous avons tous le devoir de ne point ériger un mur entre nous. » Ce dialogue, il le souhaite ouvert, qu’il s’agisse des élections à deux tours, de la limitation de la durée des mandats présidentiels, sans tabou ni soupçon, a enfin déclaré le chef de l’Etat.

Cinq chefs d’Etat présents

Parmi les invités à cette cérémonie d’investiture, il n’y avait que quatre chefs d’Etat africains : Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Faure Gnassingbé du Togo et Evaristo Carvalho de Sao Tomé. Aucun chef d’Etat de la sous-région d’Afrique centrale n’a fait le déplacement. Le Tchadien Idriss Déby, président en exercice de l’Union africaine, a été représenté par son Premier ministre.

De même, aucun ministre français n’était présent ce mardi matin. La France a été représentée par son ambassadeur, comme celui de l’Union européenne et des Etats-Unis. La cérémonie devait se terminer par une petite parade militaire dans la cour d’honneur du Palais du bord de mer.

L’appel au dialogue rejeté par l’opposition

Ali Bongo a donc notamment évoqué un « processus démocratique » et réitéré son appel au dialogue. Un appel rejeté par l’opposition qui ne reconnaît toujours pas la défaite de Jean Ping au second tour de cette élection. Jean Gaspard Ntoutoume Ayi est le porte-parole de Jean Ping. Il réaffirme de son côté la mobilisation de l’opposition, contre ce qu’il qualifie de coup d’Etat électoral.

« Toute participation à un quelconque gouvernement d’ouverture est exclue, en tout cas de la part de Jean Ping, c’est clair. Il y a eu une prestation de serment en catimini. Il y a un appel au dialogue parce qu’en réalité on n’a aucune légitimité politique. Donc, du côté de l’opposition, la mobilisation se poursuit et se renforce. Ils ont souillé nos institutions en truquant les résultats des élections. Les Gabonais ont quand même voté le 27 août et tout le monde sait ce qu’il s’est passé le 27 août. Malgré cela ils veulent s’imposer par la force au pouvoir. Bien que gantés de blanc, ces mains sont souillées de sang. Il faut dire les choses comme elles se sont déroulées. Il y a quand même de nombreux jeunes gabonais qui sont morts le 31 août. Ils ne sont pas morts d’accident, ils ont été tués par l’armée, ils ont été tués par une milice. On ne peut pas dire qu’il a prêté serment, on appelle au dialogue, on rentre au gouvernement, c’est faire injure à nos populations que d’agir comme ça. C’est refuser que le Gabon puisse devenir une démocratie un jour. On ne peut pas accepter ça (…) Là, monsieur Ping est en train de se concerter avec l’ensemble des forces de l’opposition qui l’ont soutenu, il prendra la parole pour dire ce qui va être fait. »

 

rfi.fr

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