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Centrafrique : le rapport alternatif des organisations de la société civile relatif aux droits de l’enfant

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C’était au cours d’un point de presse tenu le samedi dernier par le Centre pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Enfant (CPDE) à Galabadja dans le 8e arrondissement de Bangui que ce rapport relatif aux droits de l’enfant a été définitivement publié.

Dans sa présentation, M Rémy Djamouss, président du Centre pour la Promotion des Droits de l’Enfants (CPDE) a précisé que la RCA a ratifié le 25 juillet 1991, la Convention des Nations-Unies relative aux droits de l’enfant et qui est entrée en vigueur le 23 mai 1992. Cette ratification a donné le plein pouvoir à la RCA de produire un rapport initial deux ans après sur la mise en œuvre des droits de l’enfant et un rapport périodique tous les cinq (5) ans. Malheureusement, il a fallu attendre 20 ans après pour que la RCA dépose son rapport périodique.

En terme clair, la République Centrafricaine offre un espace favorable à la réalisation des droits de l’enfant. Mais, l’application pose aujourd’hui un sérieux problème. En poursuivant, il a aussi précisé que le rapport présenté par le gouvernement date de 2011 alors que la situation a évolué depuis 5 ans. C’est dans cette perspective que la section Internationale Nationale de défense des enfants (DEI- RCA), l’ONG Centre pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Enfant (CPDE) et le Parlement Junior des Enfants ont organisé un atelier d’élaboration du rapport complémentaire des ONGs.

Le processus qui a conduit à l’élaboration du rapport a connu la participation de toutes les antennes de leurs organisations en provinces qui œuvrent dans les domaines de la participation des enfants, du suivi et de développement de l’enfant. En effet, le rapport est composé de huit modules qui sont : les mesures d’application ; la définition de l’enfant; les libertés et droits civils ; le milieu familial et la protection de remplacement ; la santé et le bien être ; l’éducation, les loisirs et les activités culturelles ; les mesures spéciales de protection.

Selon le président de CPDE, le constat reste amer. La situation des enfants devient de plus en plus critique par rapport aux récents événements sanglants de 2012- 2015 qui ont endeuillé tout le pays. Les données ont changé dans tous les domaines d’une manière négative. Aujourd’hui, il y a environ 10.000 enfants soldats dans les différents groupes armés encore en mouvement. Le DDRR tarde à venir et ces enfants continuent de subir de mauvais traitements. Des dizaines d’enfants ont été violés par les forces internationales de maintien de la paix pendant cette crise mais il n’y a aucune avancée dans la poursuite judicaire.

Des milers d’enfants vivent encore dans des sites des déplacés dans des conditions de vie très critiques. Certains de ces enfants ont abandonné les études par manque d’enseignants qui refusent de regagner leur poste craignant peur leur sécurité, des infrastructures détruites par des milices, d’autres ont besoin d’aide humanitaire. Cependant, quelques recommandations fortes ont été formulées à l’endroit des pouvoirs publics pour favoriser un environnement propice à la promotion des droits de l’enfant.

Les recommandations

-Créer au niveau national une structure paritaire chargée de suivi de la mise en œuvre de la Convention des Droits de l’Enfant (CDE)
-Communiquer autour du document de politique national de protection de l’enfant.
-Assurer sa large diffusion dans la version simplifiée
-Introduire la CDE dans le curricula des écoles de formation professionnelle d’enseignement supérieur.

-Etendre la sécurité sociale à tous les enfants
-Rendre effective la gratuité des soins pour les enfants
– Rendre formelle l’expérience des parlements des enfants et les généraliser dans toutes les écoles primaires
-Etendre les prérogatives des officiers civils aux chefferies du 3e degré pour la déclaration de naissances
-subventionner la procédure d’obtention d’acte de naissance.
-Promouvoir les valeurs de non-violence à l’école, en famille et dans toutes les communautés
-Promouvoir la prise en charge familiale et parentale des enfants
-Faire appliquer la loi et les textes réglementaires sur le châtiment corporel
-Créer un centre de données sur les droits de l’enfant
-Renforcer le suivi des activités des œuvres sociales privées en faveur des enfants.
-Construire de nouvelles écoles dans les zones d’éducation prioritaires
-Continuer le recrutement du personnel enseignant pour améliorer le ratio élèves/ enseignants
-Créer les écoles spécialisées pour la formation des enseignants
-Multiplier les aires de jeux et les centres de loisirs dans les communes
-Promouvoir la création des bibliothèques municipales.

Notons que ce rapport a été aussi traduit en Sango grâce à l’appui du Plan International dont le bureau panafricain est basé à Addis-Abeba.

abangui

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