Centrafrique: le processus du DDRR a du plomb dans l’aile

Centrafrique: le processus du DDRR a du plomb dans l’aile

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La branche de l’ex-Séléka RPRC basée à Bambari, du général Joseph Zoundeko, conditionne le désarmement de ses combattants à la prise en compte de leurs revendications.

Vous êtes le chef d’État-Major du RPRC (Rassemblement Patriotique pour le Renouveau de Centrafrique). Quelle est votre position par rapport au processus du DDRR: Désarmement , Démobilisation Réinsertion et Rapatriement des ex combattants déjà en cours en Centrafrique ?

Nous conditionnons le désarmement de nos hommes à un certain nombre de revendications.

Quelles sont vos revendications ?

Je suis de la Vakaga. Nous ne sommes pas en sécurité . Raison pour laquelle nous nous sommes organisés en auto-défense avant de devenir des rebelles . En plus de cela, nous sommes enclavés. Les routes entre Bangui et Vakaga sont impraticables pendant la saison pluvieuse notamment au mois de juin. Des fois, nous sommes obligés de voyager à moto. Ce qui est pénible.

Nous n’avons pas aussi l’accès à l’éducation. Une triste réalité pour l’avenir de nos enfants. Nous sommes privés aussi des centres de santé. Nos mamans accouchent à la maison à l’état sauvage, quelques unes accouchent même en brousse. Nous demandons également l’incorporation de nos éléments dans les forces de défense et de sécurité nationales.

Et s’il faut faire d’abord le DDRR avant de répondre à vos revendications ?

Nous ne pouvons pas accepter. Nous sommes encore armés, on refuse de nous donner satisfaction. Mais le jour où nous serons désarmés, personne d’autre ne pourra nous considérer.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à exiger l’incorporation de vos éléments dans les Forces Armées Centrafricaines ?

C’est pour la protection de notre région, celle de Vakaga. Je sais que mes éléments sont de braves guerriers. Ils sont forts. Ils peuvent mieux résister à toute attaque des hommes armés. Je donne un exemple. Aujourd’hui la LRA sévit dans le Mbomou qui pourchasse concrètement ces rebelles ougandais ? Personne. Alors, si nos éléments sont incorporés dans les forces de défense et redéployés dans notre région, je pense que nous pouvons aussi aspirer à la paix comme certaines populations.

Aujourd’hui , les habitants de Bambari commencent à vaquer à leurs occupations. Quelle a été votre contribution pour le retour de cat accalmie dans la région ?

Il faut reconnaître que la MINUSCA a joué aussi un rôle important dans le processus du rétablissement de la paix et la sécurité dans la Ouaka. Nous nous réunissons deux fois par semaine en réunion de sécurité. Tous les groupes armés, la MINUSCA et les forces intérieures de sécurité. C’est à l’issue des rencontres que nous décidons du sort de la région. On commence à cohabiter, même si cela n’est pas encore à 100 pour cent . Mais de manière générale, les violences ont baissé à Bambari.

Jusqu’à présent, beaucoup de personnes sont restées sur les sites. Que craignent ces déplacées, selon vous ?

Sans doute, il y’a encore la peur au ventre . Mais nous estimons que le lot du travail revient aux autorités du pays et à la communauté internationale. Elles doivent tout mettre en œuvre pour favoriser le retour de ces personnes déplacées à leurs domiciles.

Quel est le nombre de vos éléments ?

Je ne peux pas répondre à cette question, car c’est un secret. Le moment venu, vous le saurez . Est-il que j’ai encore plusieurs centaines d’éléments toujours armés, mais qui œuvrent déjà en faveur d’un retour à la paix dans la Ouaka.

Propos recueillis à Bambari par Paterson Fintia

Africatime

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