Afrique centrale : la Beac à la rescousse

Afrique centrale : la Beac à la rescousse

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Alors que le cours du baril stagne au plus bas, la Banque centrale de la Cemac multiplie les mesures exceptionnelles pour venir en aide aux États membres, très dépendants du pétrole. “Jeune Afrique” fait le bilan.

Pas plus de 2 % de croissance en 2016, contre une moyenne d’environ 3,5 % au niveau continental et même quelque 7 % dans l’UEMOA, la zone monétaire jumelle d’Afrique de l’Ouest ! Les dernières prévisions du FMI, début mai, sont tombées comme un coup de massue sur la Cemac. La situation économique de la zone, qui avait enregistré en 2014 un taux de croissance de 4,9 % et dont cinq des six membres sont des producteurs de pétrole, se dégrade « fortement », selon le FMI, qui a estimé la progression de son PIB à exactement 1,7 % en 2015.

L’inquiétude est d’autant plus grande que le cours du pétrole reste durablement bas et que, d’après le Fonds, la quasi-totalité des gouvernements d’Afrique centrale « n’ont plus d’épargne budgétaire significative et disposent désormais d’une marge de manœuvre limitée ». Dans certains pays comme le Tchad, les recettes fiscales parviennent à peine à couvrir les salaires des fonctionnaires, selon nos informations.

Des actions fortes pour soutenir les économies

Dans cette tempête conjoncturelle, les pays de la Cemac ont plus que jamais le regard tourné vers la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), leur institution émettrice commune. Contrairement à sa consœur nigériane, qui vient d’opter pour un taux flottant pour le naira, la Beac ne peut pas s’appuyer sur une politique de change, en raison de la parité fixe entre le franc CFA et l’euro. Mais son gouverneur, l’Équato-Guinéen Lucas Abaga Nchama, interrogé récemment à Paris par Jeune Afrique, assure que son équipe et lui-même ont multiplié les mesures pour maintenir les économies de la zone à flot.

Face à la pression des États en quête de ressources pour financer l’émergence de leurs économies respectives, la Beac affirme par exemple avoir dû remettre à plus tard sa décision de supprimer les avances statutaires qu’elle leur accorde. Cette mesure, qui permet aux États membres d’obtenir sous forme d’avance environ 20 % de leurs recettes budgétaires, avait notamment permis à la Guinée équatoriale de bénéficier de plus de 400 milliards de F CFA (plus de 610 millions d’euros) auprès de l’institution émettrice en 2015.

« Du fait du retournement brutal du marché du pétrole, nous avons même dû prendre une mesure que l’on peut qualifier de non conventionnelle : nous avons institué une autre avance exceptionnelle dont le montant est limité à 50 % des plafonds des avances directes. Mais seuls les États qui mettent en place un programme d’ajustement cohérent, axé sur une consolidation budgétaire avec le FMI, peuvent en bénéficier », explique Lucas Abaga Nchama.

Africatime

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